‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 273 sur 324 · chapitre m · texte numérisé non relu

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» des chrétiens. Ce n'est plus le temps de discuter sur le droit, » c'est celui de le faire fléchir devant l'intérêt public et les cir- » constances. Nous offrons de céder nos droits légitimes à la » Papauté, si, de votre côté, vous consentez à faire la même » chose. »

23. Cette lettre produisit en France la plus vive sensation. Des actions de grâces solennelles en furent rendues à Dieu ; on croyait enfin toucher au port de l'union tant désirée. Benoît XIII ne voulut pas céder en générosité au Pontife romain. Dans sa réponse, il déclarait accepter avec empressement les propositions qui lui étaient faites, et assurait que, de son côté, il était prêt pour le bien et le salut des âmes à renoncer purement et simplement à la dignité pontificale. Cette protestation mit le comble à l'allégresse publique. Une conférence entre les deux rivaux fut indiquée à Savone ; Benoit XIII s'y rendit en grande pompe : les vœux de la France l'accompagnaient. Mais l'univers catholique apprit avec douleur que Grégoire XII, malgré les instances les plus pressantes des cardinaux, refusait d'y paraître. Au mépris du serment solennel qu'il avait prêté avant et après son élection, il fit une promotion de quatre cardinaux, dont deux étaient ses neveux. Cette conduite était une preuve de plus qu'il y a dans les trésors de l'ambition humaine, pour éluder les obligations les plus sacrées, des expédients qui échappent à toutes les prévisions de la sagesse.

24. Après tant de preuves infructueuses, il n'y avait plus à compter sur la coopération des Pontifes pour arriver à l'extinction du schisme. Cependant il fallait terminer enfin une situation û désastreuse. La discipline affaiblie par tant de luttes, le mépris des censures ecclésiastiques dont on avait si souvent abusé, l'oubli des règles les plus sacrées et des plus saints devoirs, la simonie passée dans les habitudes, le dérèglement des mœurs, l'esprit de licence, de désordre et d'anarchie, funeste résultat du schisme, menaçaient de faire rétrograder l'Eglise aux époques les plus désastreuses de son histoire. Le danger était pressant, la situation sans précédents et sans exemples; à un mal inouï, il fallait un remède unique. L'esprit de Dieu, qui n'abandonne jamais l'Eglise, inspira alors la seule mesure de salut qui fût

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