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à d'autres inspirations; et, dans la nuit du 21 mars, il sortil furtivement de Constance et vint se réfugier à Schaffouse. Quelques jours après, il publiait un long mémoire où il justifiait son évasion par les plaintes les plus amères de l'oppression qu'il avait subie à Constance, et les récriminations les plus violentes contre l'empereur et le concile. L'assemblée s'indigna plus qu'elle ne s'étonna de ces menaces. Les opinions les plus radicales contre l'autorité des souverains Pontifes se produisirent alors et furent développées librement. Le chancelier de l'Université de Paris, Gerson, prononça un discours où il cherchait à prouver la supériorité du concile sur le Pape. De telles exagérations furent repoussées par les Pères les plus sages et les plus modérés. Cependant, le 30 mars 1415, on publia un décret qui renfermait les trois clauses suivantes : a 1° Toute personne de quelque dignité » que ce soit, même papale, est obligée d'obéir au concile de » Constance, en ce qui concerne la foi, l'extinction du schisme » présent et la réforme de l'Eglise dans son chef et dans ses » membres. 2° Quiconque refusera opiniâtrement d'obéir aux » décrets, statuts et règlements du concile, sera passible des » peines canoniques. V Le pape Jean XXIII, les prélats et tous » les autres membres du concile, ont toujours été libres. La p retraite du souverain Pontife a été une violation manifeste de ses » engagements. » Cependant, le Pape publiait partout que son serment lui avait été arraché par la violence et qu'il ne se croyait pas obligé à le tenir. En même temps, il se retirait à Brisach, pour y être plus en sûreté. Des négociations furent entamées alors, entre le concile et le Pape fugitif; mais elles n'aboutirent pas. Il eût encore été temps pour le Pape, de prévenir l'orage qui le menaçait. S'il se fût montré tout à coup au milieu de l'assemblée et eût résigné généreusement, entre les mains des représentants de l'Eglise, une dignité qu'il ne pouvait plus conserver, il se fût épargné .la plus grande des humiliations; mais il demeura inflexible, et, le 29 mai, le concile s'assembla pour la douzième session , qui devait flétrir à jamais Jean XXIII. Une dernière fois, pour la forme seulement, on cita l'accusé. Le promoteur déclara ensuite que, toutes les formalités canoniques étant remplies et les procédures terminées, le moment de la ius-
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tice était venu. Alors l'évêque d'Arras se leva et lut la sentence qui se terminait par ces mots : c Le saint concile déclare
> Jean XXIII déposé et privé du souverain pontificat, délie tous
> les fidèles du serment de fidélité à son égard, leur défend de le
> reconnaître désormais pour Pape et de lui en donner le nom. i La lecture de cet acte qui n'avait pas de précédent, fut écoutée au milieu d'un silence profond et solennel. L'assemblée entière le confirma par le mot d'usage : placet, et l'on brisa le sceau pontifical. Quatre cardinaux furent chargés de la pénible mission de notifier la sentence au Pontife déchu. Le malheur avait, en très peu de temps, retrempé l'âme de Jean XXIII et élevé son caractère. Il reçut les commissaires du concile avec une dignité calme et résignée , et leur répondit : c Je jure de ne jamais éie- » ver, soit en public, soit en secret, la moindre réclamation » contre cette sentence , et je renonce moi-même , dès ce mo
» ment, à tous les droits que je puis avoir à la Papauté. Non
> seulement je ne veux plus être Pape, mais je voudrais ne
> l'avoir jamais été; car, depuis que je porte cet auguste titre, i je n'ai pas connu un seul jour de bonheur. * Une si noble résignation répare bien des fautes et fait oublier bien des faiblesses. Pourquoi sommes-nous obligés d'ajouter qu'elle ne désarma pas les ennemis de Jean XXIII? Sigismond, craignant sans doute que le repentir ne suivit de près l'abdication, fit enfermer Jean XXIII dans la forteresse de Manheim, sous la garde de Louis, palatin du Rhin. La détention du Pontife déchu était une mesure de rigueur que sa soumission pure et simple aurait dù lui épargner.
34. Le concile poursuivait toujours ses opérations. Il restait encore deux rivaux à détruire. Grégoire XII, éclairé sans doute sur la réalité de sa position par la chute de Jean XXIII, envoya à Constance le comte Charles de Malatesta , muni de deux bulles pontificales. La première reconnaissait le droit du concile, la seconde renfermait une renonciation explicite à la Papauté. La lecture de ces deux actes fut faite en session générale, au milieu des acclamations des Pères. De son côté, Grégoire XII assembla une dernière fois ceux qui formaient son conseil, à Rimini , où il était venu chercher un asile sous la protection de Malatesta* II