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tance de son mari, Hélène accourt près de lui, se jette à ses pieds et le conjure d'accepter l'empire et la main de Théodora. Romain cède aux prières de sa femme. Ilélène s'enferme dans un cloître, en disant : « Je sauve les yeux et peut-être la vie de
* mon époux. Que m'importe l'empire! » En apprenant ce trait de dévoùment, Théodora s'écrie : « Vive Hélène ! Non , je n'é-
* pouserai pas un homme qui sacrifie ainsi une telle femme ! » Zoé, moins généreuse que sa sœur et plus ambitieuse qu'elle, accepta la main de Romain Argyre et le titre d'Augusta. Eudoxie avaii pris le voile et s'était faite religieuse. Le patriarche grec ne montra ni les mêmes scrupules que Romain Argyre , ni la même délicatesse que Théodora. Il ratifia purement et simplement Je Jivorce, et ce qui caractérise encore mieux la religion hypocrite des Byzantins, c'est qu'en passant si facilement sur le crime d'adultère, on se fit scrupule de quelque degré de parenté qui se rencontrait entre les deux nouveaux époux. Cette question subalterne fut agitée sérieusement, et décidée en faveur du second mariage , par le patriarche Alexis , de concert avec son clergé. Du reste, Romain UI Argyre, prince faible et dépourvu de Ulents , régna sans gloire , et mourut empoisonné par sa femmf (1034).
Jl. Ces dernières années avaient été fatales à la France. Le peux roi Robert était mort à Mclun (20 juillet Î031). Les larmes de ses sujets et surtout des pauvres , qui le regardaient particulièrement comme leur père, sont un témoignage glorieux et incontestable de sa bonté pour ses peuples. « Seigneur, disaient-ils, » pourquoi nous enlevez-vous un père si tendre? C'était l'ami » du peuple, le flambeau de la justice, l'appui des gens de bien. * U est passé , ce beau règne où nous coulions paisiblement no? » jours à l'abri du péril et de l'infortune. » La bonté de Robert s'était signalée par mille traits généreux. Douze personnes de sa cour avaient conspiré contre lui. Robert manda les coupables, condamnés à mort, les fit confesser et communier; puis il les reudit à la liberté, en disant : « On ne peut faire mourir ceux » que Jésus-Christ vient d'admettre à sa table. » Tel fut Robertk-Pieux. Son plus bel éloge est renfermé dans ces mots d'un contemporain : « n f ut roi de ses passions comme de ses
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r> peuples. » Aux regrets de sa perte se joignirent les angoisses causées par la plus horrible famine dont l'histoire ait gardé le souvenir. Un dérangement inouï des saisons , des pluies presque continuelles durant trois années consécutives, depuis 1030, empêchèrent les grains et les autres productions de venir à maturité, a Le muid de blé, dit un contemporain , s'éleva jusqu'à soixante » sous J'or. » Après avoir épuisé les ressources que purent fournir les herbes des prairies et les racines des arbres, on déterra et on mangea des cadavres. On se nourrit ensuite de la chair des vivants qu'on massacrait. Il paraît que la calamité fut surtout extrême dans l'ancien royaume de Bourgogne. Près de Màcon, on saisit un aubergiste qui avait, fait périr et manger chez lui quarante-huit passants, duit on retrouva les têtes. Le comte de Bourgogne, Othon, le fit brûler vif. Mais cette sévérité n'empêcha point qu'un boucher ne mit publiquement en vente de la chair humaine sur le marché deTournus ; il fut aussi condamné au feu, et l'on s'empressa d'enterrer les restes de son abominable commerce. Un malheureux, pressé par la îaim, alla disputer aux vers cet horrible aliment, et s'en nourrit pendant quelques jours. Il subit le même supplice. La famine causa une si grande mortalité, que les vivants ne suffirent plus à enterrer ies morts. Leurs corps restaient dans les rues et sur les chemins , aux mêmes endroits où ils étaient tombés en défaillance; on fut obligé de construire d'immenses dépôts que la langue énergique de l'époque appela des charniers, où Ton jetait pêle-mêle les victimes. Cette stérilité et cette famine, qui avaient commencé en Orient, et qui se firent successivement sentir en Grèce, en Italie, dans les Gaules et en Angleterre, cessèrent enfin l'an 1C33, dont la seule récolte surpassa en abondance celles de cinq années communes. Ces désastres donnèrent lieu à la charité chrétienne de produire d'héroïques vertus. Le bienheureux Richard de Verdun, saint Guillaume , abbé de Saint-Bénigne , saint Odilon de Cluny, se distinguèrent parmi tous les autres par leurs inépuisables libéralités. Les évêques et les abbés de toutes les provinces rivalisèrent de zèle pour combattre le fléau. L'Eglise rendit alors aux pauvres ce qu'elle avait reçu autrefois des riches. On dépouilla les autels et on en vendit les vases sacrés pour nourrir