‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 312 sur 324 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

congrégation des Hiéronymites, ou ermites de saint Jérôme, qui se propagèrent bientôt en Italie, sous la direction de Pierre de Pise. Saint François de Paule instituait Tordre des Minimes, qu'il appelait ainsi parce qu'il voulait qu'ils fussent les plus petits et les plus humbles dans la maison du Seigneur. Leur rapide extension eut quelque chose de vraiment miraculeux, tant il y a d'attrait pour les âmes dans le spectacle de la pauvreté et de rhumHité évangéliques (1470). Les provinces septentrionales de l'Europe prenaient aussi part à ce mouvement religieux. Une princesse de Suède, sainte Brigitte, de cette royale famille dont le nom se trouve mêlé à l'histoire ecclésiastique du xive siècle, fondait un nouvel ordre composé de religieux et de religieuses, auquel elle donna son nom. La maison mère de cet institut fut établie à Wadstena, diocèse de Linkœping, dont Pabbesse avait l'autorité suprême sur tous les autres monastères, tant d'hommes que de femmes. Le nombre de ces monastères fut fixé à quatrevingt-quatre, pour rappeler celui des douze apôtres et des soixante-douze disciples du Sauveur. L'ordre de Sainte-Brigitte fut approuvé en 1474, un siècle après la mort de l'illustre fondatrice, par le pape Sixte IV. On sait que sainte Brigitte fut favorisée du don de prophétie. Le livre de ses Révélations, écrit sous sa dictée par un saint religieux, Pierre, prieur d'Olvastre, fut imprimé à Rome en 1455. — La Hollande vit, dans le même temps, se fonder une réunion de clercs libres, voués à l'enseignement, et alliant les soins de la prédication au travail des mains, et aux pratiques d'une règle commune suivie individuellement par chacun des membres du nouvel institut. C'était une nouvelle forme des chanoines réguliers, dont nous avons eu l'occasion do signaler antérieurement l'institution.

7. À côté de ces nouveaux ordres religieux, qui venaient consoler l'Eglise de ses amères douleurs, les ordres mendiants, véritables soldats de la milice sainte de Jésus-Christ, combattaient aussi avec courage les combats du Seigneur. Ils poursuivaient, au milieu de la décadence universelle des mœurs, leur vie de sacrifice et d'activité, continuaient à propager la science théologique et dominaient leur siècle de toute la hauteur de leurs vertus. C'était, il faut en convenir, un touchant spectacle, au sein d'une m. 40

société avide de toutes les jouissances et de toutes les richesses matérielles, que ces humbles religieux enrôlés sous l'étendard de la sainte pauvreté de Jésus-Christ. Il a fallu tous les sophismes d'une philosophie sceptique pour vouer au dédain et aux sarcasmes populaires ces véritables amis du peuple, de ses souffrances et de ses misères. Les enfants de saint Dominique, plus spécialement destinés à la prédication, se donnèrent la noble mission de maintenir l'intégrité de la foi contre les attaques des hérétiques. Ils étaient les soldats de la parole évangélique, et ils allaient sur toutes les plages, sous tous les cieux, conquérir des âmes à la vérité. Les Franciscains, ou Frères de la Régulière observance, reconnus sous ce titre par le concile de Constance, se firent les serviteurs des pauvres pour leur apprendre, par l'exemple de leur résignation et de leur charité, à supporter leurs souffrances et à les rendre méritoires aux yeux de Dieu. L'Europe les vit, quand la peste sévissait sur des cités et des provinces entières, se renfermer dans les lazarets, dans les hôpitaux, braver la contagion et la mort qui frappaient des milliers de victimes, se faire les frères, les pères de ceux que leurs frères ou leurs pères, selon la nature, avaient abandonnés. Chaque année, à l'époque des moissons, les fils de saint François, sous leur humble costume de capucin , se répandaient dans les campagnes et prêtaient le secours de leurs bras aux familles les plus pauvres, à la veuve ou à l'orphelin dont la récolte se trouvait faite par les serviteurs du Dieu de charité. Notre siècle sourira peut-être de pitié, en entendant rappeler ainsi, dans leur naïve simplicité, les services de tout genre que les ordres mendiants rendaient à leurs frères les pauvres. Si l'on veut pourtant réfléchir à la véritable mission de la charité, on trouvera peut-être que c'est la pratiquer dans toute son étendue que de se donner soi-même et sa personne tout entière aux pauvres après leur avoir donné tout le reste. Les soins extérieurs de cette charité, sans cesse agissante, n'absorbaient pas tellement la généralité des ordres mendiants qu'un côté de leur intelligence ne restât ouvert à l'étude et au mouvement littéraire qui se maintenait alors dans le monde. L'histoire de leurs luttes scientifiques, théologiques el littéraires avec la Sorbonne et l'Université de

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