‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 43 sur 324 · chapitre m · texte numérisé non relu

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Henri III avec André , roi de Hongrie , et en obtint des secours contre les Normands d'Italie. Ces étrangers , implantés dans le royaume de Naples sous le pontificat de Benoît VIII , avaient conquis la Pouille sur les Grecs et attaquaient la principauté de Bénévent , depuis longtemps acquise au Saint-Siège. Les Allemands furent vaincus dans la sanglante bataille de Dragonara (1053), et le Pape, qui attendait l'issue du combat dans une ville voisine, demeura lui-même au pouvoir des Normands. Les vainqueurs tombèrent à ses pieds , lui firent hommage de leurs conquêtes sur les Grecs, et reçurent d'avance une sorte d'investiture pour ce qu'ils conquerraient encore. Ce ne fut pas en vain. Les deux illustres frères , Robert Guiscar et Roger , achevèrent T dans cette deuxième moitié du siècle , de conquérir tout ce qui restait aux Grecs , y joignirent la Sicile , qu'ils enlevèrent aux Sarrasins , et fondèrent ainsi le royaume des Deux-Siciles , dont ils firent hommage aux Papes. Ce fut immédiatement avant cette expédition que Léon IX décida que la primatie de l'Afrique de*vait demeurer à l'évêque de Carthage. De toute la malheureuse Eglise d' Afrique , si florissante autrefois , il ne restait que cinq èvèques ; et encore ils étaient divisés entre eux pour une question de préséance ! Après la défaite de Dragonara , le souverain Pontife revint à Rome, n n'avait que cinquante ans , et promettait encore à l'Eglise une série de longues et éclatantes actions. Mais la mort vint l'arrêter au milieu de ses projets et de ses immenses travaux de restauration et de réforme (19 avril 1054). Il avait rencontré dans cette œuvre de nombreux obstacles dans le clergé de Lombardie et d'Allemagne. Ces obstacles , la simonie et l'incontinence , grandiront encore par l'appui que leur prêtera la puissance politique. Les successeurs de Léon IX , dans leur rapide passage au pouvoir, n'auront pas le temps d'assurer cette restauration si nécessaire et si difficile. Cependant elle s'accomplira, parce que la Providence tenait en réserve, dans les trésors de sa miséricorde, le génie d'Hildebrand , destiné à relever la société penchée sur le bord du précipi< .

S S. JPontiflcat de Victor 11 (13 avril 1055-28 juillet 1057).

1 1 . A la mort de saint Léon IX, Hildebrand n'était encore que

74 victob n (1055-1057).

sous-diacre de l'Eglise romaine. Mais telle était la confiance publique en ses lumières et en sa vertu, que le clergé romain l'envoya , à la tète d'une ambassade , à l'empereur Henri III , pour lui demander de désigner lui-même aux suffrages le candidat

'ône de saint

qu'il croirait le plus digne de s'asseoir sur le ti Pierre. Une modification importante venait d'être apportée aux élections pontificales , qui étaient désormais exclusivement réservées aux cardinaux ( 1054 ). Ces derniers , comprenant la nécessité de maintenir, entre l'Eglise et l'Empire, l'union qui faisait mutuellement la force de ces deux pouvoirs , crurent devoir , en cette circonstance, s'en rapporter à la sagesse de Henri IH. L'événement avait prouvé la justesse de son coup-d'œil , et le glorieux pontificat de saint Léon IX venait de montrer au monde, d'une manière éclatante, que l'empereur savait connaître les hommes. Hildebrand, d'ailleurs, était chargé de présider cette délicate négociation , et son habileté devait écarter ou prévenir toutes les difficultés de la situation. Henri ni convoqua une diète générale de l'empire à Mayence , puis à Augsbourg , pour y décider cette importante affaire, et il remit le choix du futur Pontife aux lumières d'Hildebrand. Celui-ci porta ses vues sur Guebbard, évêque d'Eichstedt, chancelier de l'empire. Guebhard résista avec la plus honorable obstination, à recevoir la dignité qu'on voulait lui imposer. Il alla, par un excès d'humilité , dont le but est au-dessus de tout éloge , jusqu'à faire courir sur luimême des bruits calomnieux , pour détourner de ses épaules un fardeau qu'il redoutait. Pendant six mois il persévéra dans refus. Enfin, l'empereur lui-même le conjurant de sacrifier destie personnelle au bien de l'Eglise, il se résigna. « Pui » vous l'exigez, dit-il, malgré le sentiment protond de mon indi- » gnité , j'obéirai à vos ordres , et me consacrerai , sans réserve , » au service de saint Pierre. Mais il faut que vous me promettiez » vous-même de rendre à saint Pierre ce qui lui appartient » Cette demande avait trait aux domaines ecclésiastiques , que Henri III , comme la plupart des princes ses contemporains , ne se faisait pas scrupule de retenir injustement.

12. Dès ce moment , en effet, la grande question qui agitera bientôt tout l'Occident, sous le nom de querelle des investitures,

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