‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 42 sur 324 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

fl chargea trois légats , parmi lesquels on remarquait le savant cardinal Humbert , de porter cette lettre à Constantinople. Les envoyés de Rome n'eurent point de peine à réduire au néant les raines arguties de Michel Cérulaire et de ses adhérents. Mais comme il s'agissait bien moins, dans l'esprit du patriarche, à°éclaircir tel ou tel point de la doctrine, que de ne pas reconnaître la suprématie du Saint-Siège, il ne prêta qu'une faible attention aux évidentes démonstrations des légats. Pour lui , la avait cessé d'être théologique ; elle se réduisait à ce seul

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» sut les rives de l'Asie , ce n'était plus à Rome , mais à Cons- *> tantinople , que devait appartenir la suprématie religieuse. » Les démonstrations et les arguments théologiques n'avaient donc à ses yeux aucune valeur. Les légats du Pape firent alors la seule chose qui fut utilement possible. Entrés dans l'église de Sainte- Sophie, le 16 juillet 1054, ils déposèrent solennellement sur l?autel , en présence du peuple , un acte d'excommunication contre Michel Cérulaire et ses adhérents. Ils sortirent ensuite de la basilique, secouèrent la poussière de leurs pieds, et s'écrièrent : « Que Dieu voie et qu'il juge ! » Puis les ambassadeurs du Saint- Siège reprirent le chemin de Rome. Photius n'avait pas reculé devant les falsifications pour faire triompher sa cause. Cérulaire gardait ces traditions de déloyauté. H traduisit en grec l'acte d'excommunication» en le dénaturant dans ses parties principales et ce fut ainsi dénaturé qu'il le lut au peuple. Le patriarche faussaire se donna, en outre , le plaisir d'excommunier, à son tour, le souverain Pontife et d'effacer son nom des sacrés diptyques. 11 écrivit aux trois patriarches d'Orient tout ce que la haine et l'orgueil purent lui dicter , pour les détacher de la communion de l'Eglise romaine. On ignore l'effet de ces lettres sur les patriarches d'Alexandrie et de Jérusalem. Celui d'Antioche répondit en justifiant les Latins sur une partie des griefs qu'on leur imputait , en les blâmant sur les autres , mais pas au point d'y voir une raison de rompre l'unité. Michel Cérulaire , sans s'arrêter à ces considérations, ne cessa d'agir pour étendre et affermir son schisme, sous les règnes assez courts de Théodora et de Michel Stratonique , qui se succédèrent sur le trône après

72 s. léon ix (1049-1054).

la mort de Constantin Monomaque (1054-1057). H devint plus entreprenant encore sous Isaac Comnène , dont il avait favorisé l'usurpation et causa ainsi sa propre ruine. Comnène , en effet, . ne pouvant plus supporter son exigence , le relégua dans la Proconèse (1059), où il mourut la même année. Le schisme ne mourut point avec Michel Cérulaire et ne fut toutefois pas encore irrévocablement consommé. Il n'y eut rien de formulé contre la primauté romaine , mais si l'Eglise grecque ne fut pas alors entièrement séparée, elle n'en était pas moins pleine de schismatiques et descendue à un état désespéré. Dépourvue de sa sève divine et réduite à une existence toute politique , elle n'eut dès lors et seulement par intervalles , qu'un simulacre d'unité et de vie. L'empire d'Orient retombait lui-même plus faible que jamais. Une nouvelle puissance s'élevait alors sur la puissance divisée des Arabes et commençait à insulter les frontières des Grecs. C'étaient les Tunis, peuple d'origine tartare, établi sur les bords de la mer Caspienne. Les uns habitaient des villes et avaient des demeures fixes; les autres vivaient en aventuriers, sous la conduite de chefs qu'ils se choisissaient eux-mêmes. Le plus brave et le plus heureux de ces guerriers fut Seldjouk , qui s'empara du Eorassan , embrassa l'islamisme et fonda la célèbre dynastie des Seldjoucides. Son fils, Togrul-Beg, porta le secours de ses armes au calife de Bagdad, Caïem, qui le fit Emir-Al- Omrah , et l'investit de toute l'autorité. Ù s'empara de la plus grande partie de la Perse et fut le premier sultan de sa dynastie. Son neveu, Alp-Arslan , recueillit son héritage (1062), continua ses conquêtes et se trouva ainsi en face des Grecs. Telle était la puissance qui allait succéder à l'empire épuisé des Arabes et rajeunir, en quelque sorte, la guerre que l'islamisme avait déclarée à la société chrétienne. Les Turcs Seldjoucides arrivaient à ce haut degré de puissance, précisément dans le temps que Michel Cérulaire entraînait l'Eglise grecque plus loin dans la voie du schisme, sous Constantin Monomaque.

10. Le cours de ces événements nous a fait anticiper sur l'ordre chronologique. Poursuivant toujours son système de réforme, saint Léon IX , après le concile de Verceil , avait repris de nouveau la route d'Allemagne» Il réconcilia l'empereur

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