‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 5 sur 324 · SYLVESTRE II · texte numérisé non relu

SYLVESTRE II

quant dans la vie pratique, tous les éléments de progrès que possédait le Xe siècle; il fut, comme tous les grands hommes, la personnification de son époque. Il est glorieux pour un historien français d'avoir à inscrire le nom d'un iils de notre France, d'un enfant de notre pieuse Auvergne , comme celui du restaurateur religieux et social du xi* siècle. Précepteur du jeune empereur Othon III, Gerhert avait acquis une érudition prodigieuse pour son temps. L'étendue de ses connaissances l'avait rendu le savant le plus distingué du siècle, avant que la dignité pontificale l'eût placé à la tête du monde, he premier, il importa, dans l'Europe occidentale, l'usage des chiffres arabes, qu'il avait appris des Maures dans un voyage en Espagne. Il construisit, pour l'église de Magdebourg, la première horloge à bascule (1) : système qui fut en usage jusqu'en 1650, où Huyghens y substitua celui des horloges à balancier. Précédemment nommé archevêque de Reims, Gerbert lutta, avec une animosité que lui a reprochée l'histoire, contre le Pape lui-même, pour se maintenir sur ce siège. Les plus grands hommes ont eu, dans leur carrière , des côtés par lesquels ils payaient leur tribut à la faiblesse humaine. Son compétiteur, Arnulf, de la race de Gharlemagne, fut définitivement mis en possession de l'archevêché de Reims, par Hugues Capet, qui voulait prouver la force et la popularité de sa dynastie, en appuyant les prétentions d'un membre de la famille royale déchue. Othon III, pour dédommager Gerbert de la perte de ce siège, le fit nommer archevêque de Ravenne. Grégoire V approuva cette translation : Gerbert montait ainsi les degrés de la souveraine puissance. Enfin , à la mort de Grégoire V, l'empereur jeta les yeux sur le moine d'Aurillac, pour remettre en fes mains le gouvernement de l'Eglise, et Sylvestre II fut élu (19 février 999).

4. Le premier acte du nouveau Pape fut de confirmer, sur le siège archiépiscopal de Reims, Arnulf, son ancien compétiteur.

(1) Les sciences exactes plaisaient surtout à Gerbert. Il était allé les étudier à l'Université de Cordoue. Là, pendant plusieurs années, il acquit dans la chimie, la mécanique et les diverses branches des mathématiques, des connaissances profondes. Il inventa, dit-on, un orgue dont la vapeur mettait les touches en mouvement.

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