‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 51 sur 324 · Nicolas n · texte numérisé non relu

Nicolas n

l'action bienfaisante de l'Eglise romaine et de son chef se faisait sentir partout à la fois, du midi de l'Espagne et de l'Italie jusqu'aux confins de l'Europe septentrionale. Si les empereurs allemands, plus fidèles aux traditions léguées par le génie chrétien de Charlemagne , avaient compris leur rôle et leur vocation providentielle ; s'ils avaient inviolahlement conservé l'alliance entre l'empire et le Saint-Siège, le Catholicisme eût triomphé dès lors de l'Islamisme, toujours menaçant en Espagne, et dont les progrès croissants en Orient étaient une honte pour la civilisation chrétienne. Mais les empereurs d'Allemagne n'agirent que dans les vues d'une politique étroite et bornée. Ils s'obstineront, dans la guerre des Investitures, à étouffer l'indépendance du pouvoir spirituel sous les violences de la force brutale. L'Eglise luttera deux siècles, pour sa liberté, contre les Césars tudesques; et non-seulement elle la maintiendra contre eux, mais, au plus fort de cette lutte gigantesque, elle soulèvera l'Europe chrétienne pour la jeter sur l'Asie mahométane, où elle fondera un empire sur le tombeau même de Jésus-Christ.

28. La minorité de Henri IV était pour l'Allemagne un temps d'anarchie et de troubles. Le jeune roi était livré aux mains des grands vassaux, qui se disputaient sa personne pour exercer sous son nom une autorité tyrannique. Un jeune seigneur, nommé Werner, favori de l'enfant royal, vendait les évêchés, les abbayes, les gouvernements, par un trafic honteux. Pour faire cesser un tel désordre, Nicolas II s'adressa à l'homme d'Allemagne qui avait le plus de puissance pour le bien : c'était saint Annon, archevêque de Cologne. 11 lui écrivit, en termes pressants, pour l'exhorter à user de son influence et à mettre un terme à la simonie qui déshonorait les Eglises de sa patrie. Cette apostolique remontrance ne fit qu'irriter les esprits rebelles. Les grands et les évêques, réunis dans une diète de l'empire, défendirent de prononcer le nom de Nicolas II au canon de la messe, et osèrent envoyer au Pape une sentence d'excommunication. La nouvelle de cet incroyable emportement remplit d'amertume les derniers jours du saint Pontife, qui mourut prématurément (6 juin 1061) à Florence. Il laissait à la Papauté et au monde le souvenir des plus grandes choses accomplies dans un pontificat qui n'avait

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