‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 7 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

toute la catholicité, traça le programme politique que les croisades devaient réaliser. « Le sol fécond de Jérusalem, disait-il, » est la patrie des prophètes, et renferme les monuments des » patriarches : c'est d'ici que s'élancèrent, à la conquête de l'uni- * vers, les Apôtres, ces éclatantes lumières du monde; c'est » d'ici que Jésus-Christ a promulgué ses oracles. Son sépulcre, » ont dit les prophètes, sera glorieux. Cependant les infidèles » dévastent les lieux saints, et en font un théâtre d'ignominie. » Levez-vous donc, soldats du Christ! saisissez l'étendard avec » l'épée; et ce que vous ne pouvez faire par vos armes, faites-le n par vos conseils et vos richesses. » Les Pisans seuls répondirent alors à l'éloquent appel de la Papauté; mais l'écho de cette voix retentira pendant des siècles en Europe, et surtout en France, cette terre des nobles dévouements et des grandes choses. Il semblait de la destinée de Sylvestre II d'inaugurer dans le cours de son pontificat toutes les idées qui devaient se développer magnifiquement plus tard, au sein de l'Eglise. On lui attribue la première pensée du Jubilé, a cette grande invita- > tion, adressée aux chrétiens, de faire une halte dans la vie, et * de puiser dans la foi et dans la charité quelques forces pour » achever leur pèlerinage vers l'éternité (1). » Il déploya au maintien de la suprématie des Papes cette énergie que saint Grégoire VII fit éclater depuis jusqu'à l'héroïsme. Conon, évêque de Pérouse, éleva des prétentions sur l'abbaye de Saint-Pierre, qui jusque-là avait été une partie intégrante des domaines du Siège de Rome. L'abbé avait voulu défendre les droits du souverain Pontife; mais il avait été chassé à main armée de son église, et on avait pillé ses biens. Sylvestre II poursuivit cette affaire avec vigueur; il fit assembler un concile pour la juger, dans le palais de Latran : l'entreprise de Conon fut condamnée, et le Saint-Siège rentra dans l'exercice de sa juridiction sur les domaines contestés.

7. Mais le fait le plus saillant du pontificat de Sylvestre II fut la conversion définitive de la Hongrie. Le jeune duc Etienne, que l'Eglise a mis au nombre des saints, avait succédé dans le

(1) Vie de Sylvestre 11, par M. Hock, traduct. de M. l'abbé Axinger.— Préfcce.

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