‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 124 sur 294 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

réel et profondément senti , elle prospéra de jour en jour d'une manière plus brillante. Qui ne connaît les serviceslînmenses rendus par la Propagande 4 la philologie générale ? Mais elle s'est surtout appliquée à remplir avec énergie et grandeur sa mission principale , celle de la propagation de la foi catholique , et , dan* Las derniers temps, elle réalisa les plus magnifiques résultats* Urbain VlII^successeur immédiat de Grégoire XV, compléta fa congrégation de la Propagande en adjoignant le collège du même nom : Collegium de Propagandd fide , où sont élevés, dans l'étude de toutes les langues étrangères, des jeunes gens destinés à porter le nom de Jésus-Christ dans toutes les nations de l'univers. La canonisation de quatre saints, qui jouissent d'une juste célébrité dans l'Eglise catholique , suivit de près l'établissement de la Propagande, et eut lieu la même année. Ce furent saint Ignace de Loyola, saint François Xavier, sainte Thérèse et saint Philippe deNéri.

11. Mais pendant que le souverain Pontife ordonnait que l'on pendît le culte des saints au fondateur de la compagnie de Jésus et à son célèbre disciple, on chassait les Jésuites de la Hollande, et an leur défendait d'y rentrer, sous peine d'être arrêtés comme des Simemis et obligés à payer rançon (1622). C'était là un acte d'autant plus inexplicable, qu'en Hollande on avait stipulé, dans 1a constitution, un article qui accordait la liberté de conscience. «Mais, dit un historien moderne, le sort des Jésuites, sous » tous les gouvernements hérétiques, a toujours été de porter » personnellement le poids de la haine et des préventions que l'on » avait contre l'Eglise romaine. » Par un motif opposé, l'empereur Ferdinand II, afin d'extirper l'hérésie de ses Etats , défendit r exercice du Protestantisme à Prague, en chassa les ministres et donna l'Université aux Jésuites. Le zèle de ce prince religieux ne s'arrêta pas là : il fit encore expulser les ministres réformés du reste de la Bohème, de la Moravie et d'une partie de la Silésie.

12. Le duc Maximilien, électeur de Bavière et zélé défenseui du Catholicisme, après s'être emparé de Heidelberg, fit présent au Pape de la riche bibliothèque Palatine. Grégoire XV avait fait demander cette faveur au duc, même avant la conquête. Ce p in ce s'était empressé d'accueillir avec bienveillance la requête du pon •

254 Grégoire xv (1621-1623).

tife romain. A !a prise de Heidelberg, le nonce avait réclamé l'exécution de cette promesse et prié le général Tilly de préserver soigneusement du pillage la bibliothèque Palatine, car il savait quelle était d'une valeur inappréciable, surtout à cause de ses manuscrits. Le Pape envoya en Allemagne le docteur Leone Allacei, l'un des bibliothécaires du Vatican, pour recueillir ce magnifique trésor. On ne saurait décrire la joie que ressentit le Pape : il déclara que l'acquisition de la bibliothèque de Heideiberg était l'un des événements les plus heureux de son pontificat, Fun des faits les plus utiles et les plus honorables pour le Saint» Siège, pour l'Eglise, pour les sciences, et même pour le nom Bavarois qui devait se réjouir de voir une collection si précieuse conservée à Rome, le centre du monde (1623).

13. Un autre fait, non moins important , signala encore la cai> rière pontificale de Grégoire XV : ce fut la réforme des ancien» ordres religieux de France. Il y voyait des abus considérables à corriger; et l'on sentait de plus en plus la nécessité de donner suite à la grande œuvre morale de Paul V. Louis XIII, ce roi qui mérita le surnom de Juste , était convaincu de cette nécessité, h demanda et obtint du Pape un bref pour mettre fin aux désordres qui scandalisaient les fidèles, et chargea le cardinal de La Roche» foucault, son grand aumônier, de cette mission délicate et épi-» neuse. Le vertueux prélat se forma un conseil composé d'un bénédictin , d'un chartreux, d'un dominicain , d'un minime, d'un jésuite, d'un feuillant et de quelques autres personnes d'une vertu solidement éclairée. Il éprouva une vive résistance , et , en pré» sence de cette triste, opposition 3 on resta convaincu que la longue habitude du relâchement renverse, d'une manière effrayante , les premières idées de ferveur et de piété. Cependant, à force de prudence, de courage et de zèle , le cardinal parvint à faire refleurir la régularité dans toutes les maisons religieuses. Grégoire XV, qui l'avait secondé de tout son pouvoir, ne vit pas la fin de sa glorieuse entreprise. Le Pape mourut à l'âge de soixantedix ans, après un court mais heureux pontificat (8 juillet 1623).

11. La première moitié du dix-septième siècle était féconde en œuvres de sainteté et en personnages illustres. Pendant qu'an fond des Indes le bienheureux P. Claver , jésuite, se dévouait au

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