‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 125 sur 294 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

service des nègres (1624), en Espagne, saint Joseph de Callazanz établissait les clercs réguliers des écoles pies, scholarum piarum (1617), en faveur des jeunes gens, et surtout des pauvres. Saint Fidèle de^Sigmaringen , apôtre des Grisons, mourait, martyr de son zèle, sous le fer des calvinistes (1622). « Seigneur, dit-il en » expirant, pardonnez à mes ennemis; ils ne savent ce qu'ils » font. » Dans le même temps, saint Josaphat, archevêque de Pcloczk, en Lithuanie, versait de même son sang pour la foi , et fut massacré (16 novembre 1623) par les schismatiques de la Moscovie, qu'il avait voulu convertir. Ainsi , pendant que l'hérésie luthérienne se flattait d'assister aux funérailles de l'Eglise , cette divine épouse de Jésus-Christ se montrait vivante et féconde en oeuvres de salut, par toute la terre, dans les Indes, au Japon, à la Chine, dans le Nouveau-Monde, en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Pologne. C'était comme une nouvelle effusion de cet esprit de vérité qui réside toujours en elle , et qui avait inspiré les décrets du concile de Trente. Les Carmélites de la réforme de sainte Thérèse s'établissaient à Paris, en 1604, et les Carmes déchaussés en 1611. La France voyait alors s'élever au milieu de son clergé un simple prêtre qui fut sa gloire et le prodige de la charité chrétienne, dont son nom est le synonyme. Saint Vincent de Paul, né en 1576, à Poï, dans le diocèse d'Acqs, jetait les premiers fondements de la congrégation toute apostolique de Saint- Lazare ^u des Prêtres de la Mission , et préludait aux merveilles de sa vie.

15. A la même époque, mourait saint François de Sales, si Français par l'esprit, le langage et le cœur. Né le 21 août 1567, au château de Sales, à trois lieues d'Annecy, François avait été élevé par sa pieuse mère dbsj& «es sentiments de la plus tendre dévotion. Entré de bonne neure dans la carrière ecclésiastique, il entreprit la conversion du Chablais et vit les plus brillants succès couronner ses efforts. Nommé à l'évêché de Genève , tout peuplé de calvinistes , François de Sales ne tarda pas à y manifester son zèîe et son désintéressement. Henri IY ayant appris que le revenu de Tévêché de Genève était fort médiocre , fit offrir au saint une pension de mille écus. « Dites à Sa Majesté , répondit François , » que ses présents me font trop d'honneur pour les refuser, mais

256 urbain vin (1623-1644).

» que , comme je n'ai pas besoin d'argent à cette heure, et que je » ne sais pas le garder, je supplie le roi de trouver bon que cette » somme demeure entre les mains du trésorier de l'épargne, sauf » à la demander quand j'en aurai besoin. » En apprenant cette réponse, Henri dit à son ambassadeur : u Jamais je n'ai été mieux » remercié d'une pension que par l'évêque de Genève. » Les exemples du saint prélat et l'irrésistible onction de ses discours ramenaient en foule les calvinistes au sein de la véritable Eglise. « Je sais bien convaincre les hérétiques , disait le cardinal Du* » perron, mais c'est à l'évêque de Genève qu'il appartient de les » convertir. » L'affectueuse piété du sain* se retrouve dans chacun des écrits tombés de sa plume. Henri ÏV lui avait demandé un livre qui pût rendre la vertu aimable. Saint François de Sales, pour satisfaire ce royal désir , composa son immortel ouvrage : Introduction à la Vie dévote , dont la publication fut saluée par un applaudissement universel : on la traduisit dans toutes les langues de l'Europe. Le roi de France s'écria que l'auteur avait surpassé son attente. Marie de Médicisen envoya un exemplaire, enrichi de pierreries, à Jacques Stuart, roi d'Angleterre. Ce prince, quoique protestant, éprouvait un charme infini à le lire : et il demandait à ses évêques anglicans « pourquoi ils ne savaient » pas écrire avec la même onction? » Le traité de Y Amour dé Dieu, qui suivit Y Introduction à la Vie dévote, mit le comble à l'affection et à l'admiration que tout le monde professait pour saint François de Sales. Le ciel a seul le secret du nombre d'âmes que ces deux livres ont sauvées. De concert avec sainte Jeanne-Françoise Frémiot , baronne de Chantai , le pieux évêque fonda l'ordre de la Visitation de Notre-Dame , dont la ferveur et la régularité ont survécu à tous les orages, et continuent encore de nos jours à édifier l'Eglise. Saint François de Sales mourut, comblé de gloirt* et de mérites, le 28 décembre 1622. Ses vertus avaient rappelé celles des plus grands évêques dont l'histoire de l'Eglise ait eu à enregistrer le nom.

g 3. Pontificat d'Urbain VIII (6 août 1623-29 juin 1641).

16. Le cardinal Maffeo Barberini, issu d'une ancienne et noble

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