CHAPITRE PREMIER
» pour l'éviter. » C'était une réponse sage, humaine et digne d'être adressée à un roi. Charles Ier la comprit, mais sa faiblesse l'empêcha de recueillir le fruit de l'habile politique de son ministre. Il eut la malheureuse pensée de convoquer une assemblée nationale, qui prit le nom de Long Parlement, et qui ouvrit pour l'Angleterre la plus affreuse des révolutions.
7. Parmi les ambitieux de tout rang que réunit cette assemblée fameuse, on remarqua bientôt Olivier Cromwell, envoyé au Parlement par les puritains d'Ecosse. Nous empruntons à Bossuet le portrait de ce personnage fameux. « Un homme s'est rencontré, » d'une profondeur d'esprit incroyable, hypocrite raffiné autant » qu'habile politique, capable de tout entreprendre et de tout * cacher, également actif et infatigable dans la paix et dans la r> guerre, qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui » ôter par conseil et par prévoyance , mais au reste si vigilant et » si prêt à tout, qu'il n'a jamais manqué les occasions qu'elle lui » a présentées ; enfin, un de ces esprits remuants et audacieux » qui semblent être nés pour changer le monde. Que le sort de » tels esprits est hasardeux, et qu'il en paraît dans l'histoire à qui » leur audace a été funeste ! Mais aussi que ne font-ils pas quand » il plaît à Dieu de s'en servir? Il fut- donné à celui-ci de tromper » les peuples et de prévaloir contre les rois. Car, comme il eut » aperçu que dans ce mélange infini de sectes qui n'avaient phts » de règles certaines, le plaisir de dogmatiser, sans être repris m m contraint par aucune autorité ecclésiastique ni séculière , étarèt » le charme qui possédait les esprits, il sut si bien les concilier » par là , qu'il fit un corps redoutable de cet assemblage mons^ » trueux. Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre U multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu » qu'elle en entende seulement le nom. Ceux-ci , occupés du pre- » mier objet qui les avaient transportés, allaient toujours, sans » regarder qu'ils allaient à la servitude ; et leur subtil conducteur, » qui en combattant, en dogmatisant, en mêlant mille person- » nages divers, en faisant le docteur et le prophète, aussi bien » que le soldat et le capitaine , vit qu'il avait tellement enchanté » le monde, qu'il était regardé de toute l'armée comme un chef » envoyé de Dieu pour la protection de l'indépendance, commença