‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 142 sur 294 · U INNOCENT X (1641-1655). I · texte numérisé non relu

U INNOCENT X (1641-1655). I

» à s'apercevoir qu'il pouvait encore les pousser plus loin. Je &<* » vous raconterai pas la suite trop infortunée de ses entreprises» » ni ses fameuses victoires, dont la vertu était indignée, ni cette » longue tranquillité qui a étonné l'univers. C'était le conseil de » Dieu d'instruire les rois à ne point quitter son Eglise. Il voulait » découvrir par un grand exemple tout ce que peut l'hérésie; » combien elle est naturellement indocile et indépendante, corn- » bien fatale à la royauté et à toute autorité légitime. Au reste, » quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument » de sos desseins, rien n'en arrête le cours : ou il enchaîne, ou il » aveugle, ou il dompte tout ce qui est capable de résistance. »

8 . Cromwell fut bientôt maître d'un parlement qui ne voulait plus de maître. Forcé de combattre des sujets rebelles, Charles Ier, vaincu, se retira en Ecosse. On y déclara « qu'un prince ennemi » du Covenant ne pouvait pas être admis dans le royaume des » saints. » Les saints d'Ecosse vendirent leur roi aux saints d'Angleterre, pour huit mille livres sterling. Une captivité outrageante devint le partage du plus vertueux des princes. Innocent X voulut en vain faire entendre sa voix ; l'Angleterre était depuis longtemps habituée à la méconnaître. Les rois avaient donné les premiers l'exemple du mépris pour le Saint-Siège ; le peuple , à son tour, refusait d'écouter le Saint-Siège quand il prenait la défense des rois. Les Indépendants et les Agitateurs de Londres, excités par les déclamations de Cromwell, demandaient la tête de Charles Ier. L'héroïque Henriette de France, reine d'Angleterre, digne petite-fille de Henri IV, déploya, pour sauver son époux, un courage à toute épreuve. Ses efforts furent inutiles. Le 20 janvier 1649, Charles fut amené au milieu d'une prétendue cour de justice. Le monarque s'avança d'un pas ferme ; son front rayonnait de la double majesté du rang et des vertus. Sans daigner se découvrir en face de ce ramas de meurtriers, il alla tranquillement s'asseoir dans le fauteuil qui lui était préparé, promena en silence un regard imposant sur tous ces visages sillonnés par le crime, et attendit que l'œuvre d'iniquité commençât. Il ne put se défendre d'un sourire amer en s' entendant qualifier de tyran, de traître, d'assassin. Interpellé par ceux qui osaient se constituer ses juges, il éleva la voix et dit : « Quant à moi , Dieu m'a confié un

Page 1