‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 172 sur 294 · CHAPITRE Us · texte numérisé non relu

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fes droits et les libertés du chapitre de Cologne, et qu'il ferait passer des troupes en Italie pour obtenir le respect qui lui était dû (6 septembre 1688). En même temps, l'archevêque de Paris avait assemblé les évêques qui se trouvaient dans la capitale , les curés , les chefs des chapitres et des communautés , et leur avait adressé un discours pour justifier la conduite du gouvernement envers la cour de Rome. L'Université de Paris avait, de son côté, interjeté appel au futur concile; tout le clergé de France semblait prendre part avec un même zèle à la lutte contre le chef de l'Eglise, témoignant ainsi, sous prétexte des Libertés gallicanes, bien plus de servilité et de crainte ru roi que de réelle indépendance. Le 7 octobre, les troupes françaises s'emparèrent du comtat Yenaissin, sans éprouver de résistance; en même temps, le dauphin partait à la tête d'une armée de vingt-cinq mille hommes, pour attaquer Philipsbourg, sans déclaration de guerre. Mais, à ce moment même, commençait en Hollande et en Angleterre 3a révolution qui devait mettre Guillaume de Nassau, prince d'Orange, le rival ardent de Louis XIY, sur un trône puissani, qui devait armer l'Europe pour son indépendance et commencer une lutte terrible contre le grand roi. Louis XIV, instruit par le malheur, renoncera plus tard à ses prétentions insolentes, et déploiera , au sein de l'infortune , une grandeur d'âme d'autant plus admirable qu'elle ne sera plus ternie par l'orgueil et l'ambition.

28. Mais Innocent XI ne devait pas être témoin de ces heureux changements. Les années précédentes venaient d'être marquées par une mesure d'une extrême importance, prise par Louis XIV au sujet des protestants français. Il s'agit de la révocation de l'édit de Nantes, donné par Henri IV en faveur des prétendus reformés. Richelieu avait anéanti les protestants, comme parti politique; mais il leur avait laissé leurs voix dans les parlements, leurs synodes, enfin une partie de leur organisation intérieure. Louis XIV résolut de trancher, par la force, un état de choses qui nuisait à ses vues sur l'unité de la France. On a dit que la cour de Rome avait provoqué, par ses négociations, la sévérité du monarque contre les huguenots. La plupart des histoires, même classiques, affirment le fait. Cependant il est complètement faux. L'édit de

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