‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 173 sur 294 · innocent xi · texte numérisé non relu

innocent xi

Nantes fut révoqué en 1685, époque à laquelle Louis XTV, loin de recevoir ses inspirations du Saint-Siège, maintenait son royaume dans une espèce de schisme , et préparait contre Innocent XT la lutte des Franchises. Il est constant d'ailleurs que le souverain Pontife désapprouva formellement les violences que Ton employa contre les calvinistes. C'est même à ce désaveu que F avocat-général Talon faisait allusion dans les paroles de son réquisitoire que nous avons déjà citées : « Le Pape affecte de » donner du dégoût à la France , dans les choses mêmes qui se- » raient très avantageuses pour la religion. » La révocation de ledit de Nantes fut donc une mesure toute politique, à laquelle le Saint-Siège n'eut aucune part, et dont l'appréciation appartient plus à l'histoire profane qu'à celle de l'Eglise. La France, bornée alors dans ses succès par la Hollande, sentait une autre Hollande en son sein, qui se réjouissait des revers du grand roi. Cette considération fut décisive sur l'esprit de Louis XIV. D'ailleurs l'opinion publique était favorable à ses desseins. Le 22 octobre 1685, Fédit de révocation parut. Le Tellier et Louvois, son fils, l'avaient rédigé. Le premier article supprimait tous les privilèges accordés aux réformés par Henri IV et Louis XIII. Les deux suivants interdisaient l'exercice de leur religion par tout le royaume; le quatrième ordonnait à tous les ministres de sortir de France dans un délai de quinze jours ; le cinquième et le sixième fixaient des incompensés pour ceux qui se convertiraient ; le neuvième et le dixième promettaient amnistie pleine et restitution intégrale de leurs biens à ceux qui, d'abord fugitifs, reviendraient dans quatro mois ; enfin , le onzième menaçait les relaps de peines alïlictives, et permettait néanmoins aux calvinistes de demeurer dans leurs foyers, de jouir de leurs biens, de vaquer à leur commerce , sans qu'on pût les inquiéter sous prétexte de religion, pourvu qu'ils ne s'assemblassent point pour l'exercer. Cette dernière concession laissait une sorte de liberté de conscience ; mais elle fut violée par le zèle excessif des commandants, chargés de faire exécuter Fédit. Des dragons, envoyés par Louvois, étaient des missionnaires d'une étrange sorte. Politiquement parlant, Louis XIV avait raison de chercher à rétablir l'unité de foi dans son royaume^ mais,au point de vue chrétien, il aurait dû remplacer ses soldat?

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