BENOÎT XIII
» et par la direction des dames de la cour. Les plus savants d'entre » les Capucins belges prenaient si peu la peine de dissimuler, que 9 les supérieurs ont été obliges de révoquer de xeurs charges les
* lecteurs et les gardiens. Les Récollets offrent les mêmes exeni-
* pies. Il n'y a pas jusqu'aux missionnaires de Saint-Lazare, si
* éloignés de cette faction, tant qu'ils se souvinrent des avertisse- » ments de saint Vincent de Paul, qui ne deviennent mous et » tièdes, et semblent incliner peu à peu du même côté. Je connais » un séminaire où le professeur dissémine le venin de Jansénius. » Il n'y a que les élèves de Saint-Sulpice qui aient à cœur de re- » pousser cette contagion. Aussi le cardinal-archevêque les es— » time et les aime très peu. » Quel tableau effrayant ! L'Eglise chancelante et désolée trouve ses ennemis dans ses propres enfants, qui n'ont pas honte de déchirer le sein de leur mère. Rien ne prouve plus éloquemment que ces lignes de l'illustre archevêque deCambray, la nécessité d'une autorité forte, immuable, infaillible, pour redresser les écarts, réprimer les scandales, réparer les erreurs , confirmer tous les frères dans l'unité et dans la foi.
2. Le cardinal Orsini, en montant au trône de saint Pierre,» êous le nom de Benoît XIII (29 mai 1724), devait tout d'abord se préoccuper des progrès croissants du Jansénisme. Il indiqua pour l'année suivante un concile à Rome. Cette assemblée coïncida avec l'ouverture du Jubilé, et ouvrit ses séances dans l'église de Saint-Jean de Latran. Le Pape l'inaugura par un discours^ dans lequel il insista particulièrement sur les motifs qui doivent porter les papes et les évêques à tenir f réquemment des synodes , et sur les avantagea qui en résultent j? Dur l'Eglise. Le concile tint sept sessions. On y fit plusieurs rég/ gments , dont les principaux concernent les devoirs des évêques et des autres pasteurs, les instructions chrétiennes, la résidence, les ordinations, la tenue des synodes, les bons exemples que les pasteurs doivent à leurs peuples , la sanctification des fêtes, et diverses autres matières de discipline ecclésiastique. A la tête de ces décrets, le concile en mit deux plus importants : le premier ordonnait aux évêques , bénéficiers , prédicateurs et confesseurs, de souscrire, avant d'entrer en charge, la profession de foi de Pie IV ; le second était conçu en ces ter-