‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 229 sur 294 · chapitre nr · texte numérisé non relu

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courir l'indignation du roi. Le Parlement déclare qu'il ne peut obtempérer, et, séance tenante, il s'occupe de diverses procédures pour refus de sacrements. Etrange renversement des plus simple» notions du droit et de la vérité ! Des officiers du roi , nommés pour rendre la justice au peuple , apprennent au peuple , par leur exemple, à mépriser le roi; ils s'appliquent uniquement à persécuter l'Eglise catholique au nom d'une secte hypocrite, remuante et dangereuse, qui rejette toute autorité, répudie tous les pouvoirs et se retranche dans l'insubordination connue dans une forteresse inexpugnable ! Le conflit n'est encore qu'entre le roi et les magistrats ; viendra le temps où il sera entre le roî et le p*«ple. C'est ainsi que se produisaient, au sein de la société française, les symptômes d'une prochaine et irrémédiable décadence. Quoi qu'il en soit, Louis XV ne pouvait reculer. Tous les membres du Parlement furent exilés à Bourges, à Poitiers et à Pontoise, et de» chambres particulières furent instituées, par un édit royal, pour rendre la j ustice (1753).

34. Louis XV put croire que cette sévérité mettrait un term» aux désordres. Les mesures de rigueur coûtaient toujours à son âme bienveillante ; au mois d'août 1754, il consentit à signer le rappel du Parlement. « Après l'avoir puni de sa résistance et de » son refus de rendre la justice, disait le roi dans son édit, nou» » avons jugé à propos d'écouter la clémence., espérant que le » Parlement remplira nos vues par une soumission et une fidélité » entières. » Si les magistrats le promirent, ils ne tinrent pas longtemps leur promesse. Les mandements des évêques catholiques étaient, par arrêt du Parlement, livrés aux flammes. On n'entendit plus parler que de sommations, de sentences, d'amendes, de saisies, d'emprisonnew'veiits, d'exils prononcés contre les pasteurs qui refusaient l'administration des sacrements aux jansénistes. On vit des prêtres indignes, apostats, interdits, profiter du désordre pour multiplier les scandales et porter, en vertu des arrêts, escortés par des huissiers du Parlement, le saint Viatique à des hérétiques impénitents. Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, est exilé à Conflans d'abord, puis à Lagny. L'évêque d'Orléans, M. de Montmorency, nom mêlé à toutes nos gloires, est banni de son diocèse, son chapitre sou-

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mis à une véritable persécution. M. Poncet, évêque de Troyes, digne successeur de l'indigne Bossuet, est condamné à une amende énorme, ses meubles sont confisqués et son temporel saisi. M. de Brancas, archevêque d'Aix, se voit exilé par le Par^ lement de Provence. Les évêques de Vannes et de Nantes eurent le même sort. M. de Belzunce , dont la ville de Marseille ne prononçait le nom que comme celui d'un héros et d'un saint, ne fut pas davantage épargné par la coupable magistrature, qui se donnait l'affreuse mission de flétrir les membres les plus vénérés d'un clergé dont toute l'Europe admirait les vertus. Toutes ces monstruosités furent couronnées par un arrêt du Parlement de Paris, où il était dit «qu'on recevait incidemment le procureur-général, * appelant comme d'abus de l'exécution de la bulle Lnigenitus^ » notamment en ce que certains ecclésiastiques prétendaient lui » attribuer le caractère ou les effets de règle de foi. » En conséquence, on déclarait « qu'il y avait abus, » et il fut enjoint « à » tous ecclésiastiques, de quelque dignité qu'ils fussent, de se » renfermer, à l'égard de la bulle , dans un silence général, res* » pectif et absolu. » L'archevêque de Paris, l'illustre de Beaumont, ne pouvait laisser un tel attentat impuni. Du lieu de son exil, il publia une Instruction pastorale fameuse, où il traitait de l'autorité de l'Eglise, de l'enseignement de la foi , de l'administration des sacrements, de la soumission due à la bulle Unigenitus. Le 4 novembre 1756, le parlement lit brûler, en place de Grève, le mandement de l'archevêque , par la main du bourreau. Benoît XFV éleva alors la voix du chef de l'Eglise, cette voix jadis gi respectée en France. Après avoir témoigné sa profonde douleur pour la série de désordres dont ce malheureux pays donnait le spectacle, il rend hommage à la généreuse fermeté des évêques fidèles. B déclare que la constitution Unigenitus est une règle de foi certaine , formelle, irréfragable ; « qu'on ne peut se soustraire » à la soumission qui lui est due, sans exposer son salut éternel. » D'où il suit qu'on doit refuser le Viatique aux réfractaires , par » la règle générale qui défend d'admettre un pécheur public et » notoire à la sainte Eucharistie. » Pierre avait parlé par la bouche de Benoît XIV; les magistrats, toujours rebelles, supprimèrent le bref pontifical. Enfin, le 10 décembre 1756, Louis XV rendit une

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