‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 282 sur 294 · chapitre vn · texte numérisé non relu

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descendit de la chaire , il vit cette foule émue , empressée , qui Tétoulfaif presque, s'agenouiller sous ses bénédictions. Quatrevingt mille francs, fruits de la quête, remis, le soir de ce beau jour entre les mains du prélat , inaugurèrent l'œuvre des orphelins du choléra, qui versa, dans le cours de son existence, plu* d'un million dans le sein des malheureux (1).

â 3. Le choléra n'interrompit qu'un instant en France le cours des mauvaises doctrines. On a dit que le gouvernement n'en favorisait pas la propagation, mais du moins il la tolérait, ou plutôt, livré lui-même à toutes les vicissitudes politiques de la majorité , il avait assez à faire de se pourvoir de ministres toujours prêts à recomposer un cabinet qui se renouvelait sans cesse. Issu d'une révolution, ie pouvoir nouveau se maintenait à force d'adresse, en flattant toutes les passions révolutionnaires, réprimant les émeutes, échappant aux assassinats, usant les hommes par d'autres hommes, et recommençant sans lin ce travail de Sisyphe, qui semble la loi de tous les gouvernements parlementaires de France. Vivre au milieu de tant d'éléments de ruines était déjà un chef-d'œuvre. Le saint-simonisme, le fouriérisme, le phalans» térianisme, le culte français d'un prêtre apostat, l'abbé Châtel, séduisaient tour à tour les esprits, et attiraient sur leurs auteurs les foudres de l'Eglise. Mais les cris de la presse libérale empêchaient le peuple d'entendre cette voix, autrefois si respectée, du successeur de saint Pierre. Les instincts les plus grossiers du matérialisme, protégés par des ministres incroyants et représentés , dans les plus petits hameaux, par ceux que le pouvoir plaçait de préférence â la tête des communes, envahirent la nation comme une lèpre incurable. Il y eut pourtant une occasion, où la parole du Vicaire de Jésus-Christ fit faire silence autour d'elle. Ce tut quand elle s'éleva pour condamner M. de Lamennais. Alors trente-trois millions de catholiques français s'inclinèrent et obéirent. Mais l'homme qui pouvait, par sa docilité, se mettre pour jamais à côté de l'immortel Fénelon, répondit à cette condamnation méri-

(1) Compte général rendu par le conseil de l'œuvre des orphelins du choléra t Notice historique, par M. Sylvain Caubert. Ce chiffre est constaté par les compte» de Madame la princesse T. de Bauffremont, trésorière de l'œuvre.

558 Grégoire xvi (1831-1846).

tée par le scandale des Paroles dun Croyant, dont FEuitifMB s'arracha bientôt les pages incendiaires.

44. Les gouv nements de F Allemagne n'étaient pas plus favorables à la religion. Pie VII avait défendu aux évoques de la Prusse rhénane de célébrer des mariages mixtes % % moins de certaines conditions expressément spécifiées. Grégaire XVI renouvela cette défense. Le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, insista près des évèques pour les faire passer outre. Ils s'y refusent. Le 20 novembre 1837, Mgr Auguste de Droste-Vischering , archevêque de Cologne, fut enlevé, comme un criminel, par la force armée, et emprisonné dans une forteresse. Sa captivité eut un immense retentissement. Elle devint d'ailleurs le salut de l'Eglise orthodoxe en Allemagne. Plus tard la Suisse se montra aussi intolérante, et une persécution ouverte tut dirigée contre l'illustre évêque de Lausanne et de Genève, Mgr Marilley. Vinrent alors en France les luttes fameuses sur le monopole universitaire et la liberté d'enseignement, et celle des conciles. Mgr de Quélen était mort, pleuré de toute la France (1840). Le pouvoir crut qu'il aurait Heu d'être plus satisfait d'un archevêque nouveau qui lui devrait son élection. 11 se trompa. Mgr Aflre monta sur ce siège, qu'il devait illustrer par son glorieux martyre. Les dernières paroles qu'il échangea avec Louis -Philippe furent celles-ci : « Archevêque, souvenez - vous que l'on a brisé plus d'une » mître ! — Cela est vrai, Sire ; mais que Dieu conserve la cou- » ronne du roi, car on a vu briser aussi bien des couronnes. » La mort tragique de son héritier, le duc d'Orléans, les attentats si multipliés contre sa personne, l'agitation périodique de la France aux approches des élections , les symptômes de mécontentement qui se manifestaient à chaque instant par des insurrections partielles, la corruption qui montait jusqu'aux marches de son trône et qui livrait quelques-uns de ses ministres au mépris de l'opinion, n'avaient rien appris à Louis-Philippe. Il devait tomber, comme il s'était élevé, au milieu des barricades.

45. Cependant, à côté de ces signes précurseurs de l'orage, l'Eglise avait ses consolations et ses gloires. L'œuvre admirable de la Propagation de la foi, sortie tout armée d'un cœur noble et pieux, envoyait des missionnaires aux contrées les plus lointaines

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