‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 281 sur 294 · GRÉGOIRE XVI · texte numérisé non relu

GRÉGOIRE XVI

\jtiL seoi jour vit enregistrer dix-huit cents décès de tous ,angs et de tous âges (10 avril 1832). On eût dit le^ funérailles de tout un peuple j Belzunce du xixe siècle, Mgr de Q^elen sortit de sa retraite, à l'appel du fléau, qui fut pour lui la voix de Dieu. 11 se montre plus majestueux qu'au temps de sa prospérité, plus calme qu'aux jours de la paix; il ne craint ni les flots soulevés naguère contre lui, ni la faux de la mort qui frappait, au hazard, la vertu comme le crime, sans distinction d'âge ni de position, D dirige ses pas vers les hôpitaux, où les moribonds étaient appelés de toutes parts , dans ces salles encombrées , où chaque minute entendait un dernier soupir. Tous les cœurs s'émurent, des pleurs coulèrent de tous les yeux. Au chevet des pères et des mères qui lui recommandaient leurs enfants, aux cris lamentables de l'agonie, en pressant les mains glacées des malheureux cholériques, eh- recueillant leur dernier souffle, Mgr de Quélen promit d'être le père de tant d'orphelins (1). Le 28 décembre 1832, il parut en public pour la première fois , depuis le pillage de l'archevêché. L'Eglise de Saint-Roch, où l'héroïque prélat devait prêcher, fut assiégée, dès le matin, par les flots pressés de la multitude qui inondait les avenues du saint lieu. Bientôt tous les yeux, tournés vers la chaire sainte, annoncent l'arrivée du Pontife. A la vue de cette noble figure, pâlie par la douleur, vieillie par la souffrance, mais toujours douce autant que majestueuse, l'émotion fut unanime et profonde; lui-même, à l'aspect de cet immense concours de fidèles , assemblés pour le revoir, pour Tente ndre, ne put retenir ses larmes. Sa voix, d'abord altérée, s'affermit peu à peu sans rien perdre de son onction : pas un mot d'amertume, pas un souvenir du passé ne s'échappa de ses lèvres ; comme saint Vincent de Paul , il avait à plaider la cause des orphelins, il ne s'occupa que d'eux. Lorsque le saint archevêque

(1) Plusieurs de ces malheureux avouaient en pleurant à M &r de Quélen, qu'ils paient pris part au pillage de l'archevêché et à toutes les scènes d'horreur qui l'accompagnèrent : « Nous ne vous connaissions pas alors, lui disaient-ils &n font» dant en larmes, on nous avait égarés. » L'héroïque prélat les consolait, calmait leurs remords, par les assurances mille fois réitérées de son pardon, et soulageait leur douleur par ses paternelles consolations. Il ne se vengeait qu'es ledoublant de charité et de tendresse.

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