‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 29 sur 294 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

i» tous mourrez, votre puissance fùt-elle au-dessus du Turc lui- » même. Déjà votre récompense est arrivée; on vous tient pour r> des imposteurs et des fripons; on vous jugera d'après le rôle » que vous jouez; le peuple vous connaît et le châtiment terril)!» » que Dieu appelle le mépris, vous pressera de tous côtés ; vous » ne pourrez pas le détourner. Le peuple, lassé, ne supportera » plus votre tyrannie et votre iniquité. Dieu ne le veut pas, le » monde n'est plus le monde d'autrefois, où vous chassiez aux » hommes ainsi qu'aux bêtes féroces. »

4. Ce fut peu de temps après ce nouveau manifeste qu'une nouvelle diète s'ouvrit à Nuremberg (novembre 1522). Le Pape y avait envoyé François Chérégat, évêque de Téramo, en qualité de nonce. Il lui donna des instructions où il ne dissimule pas les abu* qui affligeaient l'Eglise. Sa parole est celle d'un pontife vigilant et sévère, qui ne craint pas de signaler le mal, parce qu'il, se sent l'énergie et la volonté nécessaires pour y remédier. « Nous savons, » lui dit-il, que des excès ont eu lieu : des abus dans les choses » spirituelles, la transgression des pouvoirs, des exemples déplo- * râbles ont quelquefois compromis l'honneur du Saint-Siège ; nous » le savons, et nous ne laisserons pas le scandale impuni. » Un aveu aussi noble devait valoir au souverain Pontife les sympathies de toutes les âmes honnêtes. Mais la majorité des membres de la diète était sous l'influence de la parole et des sarcasmes de Luther, fls crurent trouver, dans ce langage généreux et loyal, la confirjnation des griefs et des calomnies accumulés par le novateur îontre la Papauté. L'assemblée de Nuremberg déclara qu'il n'y avait plus qu'un moyen de rendre la paix à l'Allemagne ; c'était la convocation d'un concile national, où tous les partis seraient représentés. En attendant, elle promit de veiller au maintien de 1 ordre ; mais elle formula, en même temps, ses plaintes contre le Saint-Siège. C'étaient des remontrances fort dures et des prétentions exorbitantes, au nombre de plus de cent propositions, rédigées dans un esprit d'hostilité <pii se trahissait à chaque ligne. Le Pape ne devait accepter ni le fond, ni la forme de ce traité. Mais Chérégat ne put en obtenir la révision ; il repartit, accablé sous le poids d'une défaite. Luther avait triomphé. Adrien YI n'eut pas la force de supporter ce coup ; il succomba à la douleur que lui

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