‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 4 sur 294 · CHAPITRE PREMIER. iî · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. iî

dèle, et où vint se réunir tout ce que l'Italie possédait de plus éminent dans les lettres et dans les sciences.

7. Le concile de Latran ne négligea aucune des questions qui intéressaient le bien-être général. L'usure avait été la plaie du moyen âge. Les populations étaient livrées à la rapacité des Juifs, qui prêtaient à un taux énorme et avaient fini par absorber toutes les richesses de la chrétienté. Plus d'une fois, surtout à l'époque de= croisades, les princes avaient engagé leurs terres ou leurs royaumes pour se procurer les sommes nécessaires aux frais de l'expédition. Mais les pauvres surtout étaient pressures par les exactions des fils d'Israël. Un moine récollet (1), nommé Barnabe, de Pérouse, vers le milieu du xvi6 siècle, eut le premier l'idée de soustraire le monde à la tyrannie des usuriers, il proposa de faire dans la ville une quête générale, dont le produit serait employé à fonder une banque qui viendrait en aide aux indigents. Dieu mit dans sa voix quelque chose d'entraînant, car il avait à peine exposé son idée que tous les habitants de Pérouse, à l'appel de l'orateur , apportèrent des bijoux, des pierres pie— cieuses, de l'or, de l'argent en abondance pour former les premier» fonds de cette charitable institution, qu'on nomma Mont-de-piété, La création du pauvre moine se répandit bientôt dans toutes les cités de l'Italie. L'ouvrier ne fut plus obligé de s'adresser au juif dans un moment de détresse. En engageant quelque objet de son pauvre ménage, il recevait, en échange, une somme d'argent qu'il était obligé de rendre dans un court délai, mais sans autre intérêt qu'une somme minime, destinée aux frais de l'administration. Cependant cette institution, comme toute innovation réellement utile, eut des détracteurs. Quelques théologiens prétendirent y trouver tous les caractères de l'usure sous une autre forme. La discussion fut vive; les écrits les plus violents se succédaient des deux côtés, sans que la question fût résolue. On la soumit à la décision du concile de Latran. Les Pères, auxquels Vexamen avait été déféré, étaient connus par leur savoir et leur tharité. La délibération fut longue, les livres nombreux des adversaires et des apologistes furent étudias et comparés* £„

(1) Frère mineur de l'étroite observance

12 léon x (1513-1521).

$uand il ne resta plus aucune objection sérieuse à résoudre, l'autorité parla. Léon X fit donner lecture du décret. Après une brève exposition de la dispute, le Pape reconnaît qu'un vif amour de la justice, un zèle éclairé de la vérité, une charité ardente envers le prochain, ont animé ceux qui soutenaient ou combattaient les monts-de-piéte : mais il déclare ensuite qu'il est temps, dans l'intérêt de la religion, de mettre fin à des débats qui compromettent la paix du monde chrétien. Celui à qui Jésus-Christ commit le soin des âmes, le gardien des intérêts du pauvre, le consolateur de tout Cr qui souffre, détend de pour* suivre, comme usuraires, des établissements institués et approuvés par l'autorité du Siège apostolique, où Ton perçoit de l'emprunteur une somme modique pour couvrir les dépenses indispensables à la gestion de ces établissements. Il les approuve comme de véritables institutions de charité qu'il est utile de protéger et de répandre.

8. La pacification générale de la chrétienté était l'objet qui préoccupait le plus vivement le cœur de Léon X. Un décret fut lu au concile de Latran. dans ce sens. Des nonces furent envoyés aux diverses cours de l'Europe pour faire pénétrer ces idées, et les faire adopter par les princes. Le Pape, fidèle aux traditions de ses prédécesseurs, songeait à préparer contre les Turcs une expédition formidable. Magnifique pensée, digne du chef de la chrétienté, que la coupable indifférence des souverains ne permis pas de réaliser. — L'étude exclusive des auteurs grecs et latins, et la prédominance du système platonicien, au milieu du mouvement intellectuel de la renaissance, avaient accrédité, dansïe monde savant, et même parmi les théologiens, une erreur, renouvelée du paganisme* sur la nature de l'âme. Le mens agitât molem de Virgile avait séduit lee humanistes de cette époque, ils prétendaient que l'àme du monde, unique et universelle, donnait la vie à tous les êtres, et était la même pour tous les hommes, se transformant dans chaque individu, et subissant les modifications inhérentes aux diverses natures. Outre cette âme générale et commune à tous, ils en admettaient une autre, qu'ils nommaient intellective, et qui, suivant eux, était mortelle e£ s'anéantissait avec le corw- Un décret spécial du concile dt

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