‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 41 sur 294 · chapitre n · texte numérisé non relu

chapitre n

2wingle, expliquant les paroles de l'institution de l'Eucharistie, prétendait que les mots : Hoc est corpus meum, voulaient dire : Ceci signifie mon corps. Œcolampade voulait que le mot corpu$ fût pris au sens figuré , et n'indiquât pas une présence réelle. La doctrine de l'Eglise catholique est que les paroles de J.-C. ont le sens littéral et produisent réellement ce qu'elles signifient : en *orte qu'après la consécration du pain, faite par ces mots : Hoc est corpus meurn; ceci est mon corps, il n'y a plus de pain sur l'autel, mais le corps de Jésus-Christ sous l'espèce du pain. C'est lace qu'on appelle, en théologie, le dogme de la Transsubstantiation. Luther rejetait le dogme catholique, et il ne voulait pas davantage admettre l'interprétation arbitraire de Zwingle et d' Œcolampade. Il écrivit donc, avec sa fureur habituelle , pour soutenir un système intermédiaire, celui de la Consubstantiation. Il disait que le corps de Jésus-Christ est avec le pain dans le sacrement de l'Eucharistie [In pane, sub pane, cum pane). Zwingle répondit en démontrant que , si l'on devait s'en tenir au sens littéral , la doctrine catholique de la Transsubstantiation était seule admissible , et que si , comme Luther, on admettait un sens figuré ( Ceci est mon corps, signifiant : Ceci renferme mon corps, ou : Ce pain est uni avec mon corps), il demandait en quoi sa métonymie était moins solide que la synecdoque de Luther : « Vous vous écriez , dit-il , que » nous sommes des hérétiques qu'on ne doit pas écouter, vous

• jetez l'interdit sur nos livres , vous provoquez les autorités à

• s'opposer à nos doctrines. Le Pape en a-t-il agi autrement lors-

• que la vérité a voulu lever la tête ? » \J ecclésiaste de Wittemberg avait peu de choses à répondre à cet argument. Il avait déclamé contre la tradition \ il fut obligé d'avoir recours à elle , en dépit de ses théories de libre examen. « L'article de la consubs- » tantiation , écrivait-il à Albert de Prusse , n'est pas un dogme 1 inventé par les hommes ; il est fondé sur l'Evangile , sur des » paroles claires, irréfragables ; il a été uniformément cru et con-

• serve, dès l'origine de l'Eglise chrétienne, dans le monde entier,

• jusqu'à cette heure, comme le prouvent les œuvres des saints

• Pères de la langue grecque et latine, outre l'usage journalier et » ^expérience non interrompue. Si c'était un article nouveau, s'il © *£lB&&k été gardé si uniformément dans toutes les églises, dans

é8 clément vii (1523-1534').

» toute la chrétienté, il ne serait pas aussi effrayant, ni si danger » reux d'en douter et de le discuter. Quiconque en doute , c'est » comme s'il ne croyait plus à l'Eglise chrétienne, et comme s'il » condamnait, non-seulement la sainte Eglise comme hérétique, » mais le Christ lui-même , les apôtres et les prophètes qui l'ont » établie avec des promesses d'immortelle durée! L'Eglise de Dieu » est la colonne et la hase de la vérité. » Ces paroles ne semblent pas être d* la même plume qui écrivait «ùna ans auparavant ; « Tous les Pères ont erré dans la foi, et s'ils ne se sont pas repei> » tis avant de mourir, ils sont damnés pour l'éternité. Saint GnV » goire est le premier auteur de toutes les fables sur le purgatoive » et les messes pour les morts. Augustin s'est souvent trompé ; il » n'y a pas à compter sur lui. Jérôme est un hérétique qui a écrit » beaucoup de choses impies. Je ne connais aucun des Pères qu* » je déteste autant que celui-ci ; il a toujours le jeûne et la virgi- » nité à la bouche. Je ne fais non plus aucun cas de Chrysostôme, » c'est un discoureur stérile. Basile n'est bon à rien ; c'est un » moine tout pur. Thomas d'Aquin n'est qu'un avorton théolo- > gique. C'est un puits d'erreurs, un mélange de toutes sortes » d'hérésies qui anéantissent l'Evangile (1).» Mais ces contradictions n'embarrassaient pas Luther. La parole suivait les besoins de sa cause, hostile ou louangeuse, selon les circonstances.

1 8 . L'arrivée de l'empereur à la diète d' Augsbourg fut retardée jusqu'au 1 5 juin. C'était la veille de la fête du Saint-Sacrement, ce qui donna lieu aussitôt à des troubles. Charles-C^uint avait demandé que les princes protestants lui remissent un écrit renfermant le symbole de leur croyance et les abus qu'ils prétendaient rejeter. Us chargèrent Mélanchton du soin de rédiger ce document qui prit le nom de Confession ou Formule de foi à! Augsbourg [Confessio Augustana). Luther y adhéra complètement. «Cetra- » vail, écrivait-il, me convient assez, et je n'y vois rien à changer » ou améliorer. Cela ne pourrait m'aller d'ailleurs ; je ne saurais * agir avec tant de calme et de douceur. » La Confession d' Augsbourg renfermait une préface en deux parties, dort la crémière, «n douze articles, s'appuyait sur les symboles àss Apdftra «3 de

#) Vayez M. Alzog, t. m, p. 46, 65.

Page 1