‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 42 sur 294 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Nicée, et dont la seconde, en sept articles, exposait les abus à détruire. Parmi ces abus, Mélanchton désignait: la communion sous une espèce, les messes privées, le célibat, les vœux monastiques, la distinction des mets pour les jours d'abstinence > la confession auriculaire et le gouvernement ecclésiastique. La première partie, présentée avec art et ménagement, ne contenait la doctrine de Luther que sous une forme adoucie et comme déguisée : on y reeonnaissait pourtant les principales erreurs du moine saxon : 1° sur le péché originel, produisant une impuissance absolue pour le bien ; 2° sur ia justification par la foi seule ; 3° sur le libre arbitre, la foi, les bonnes œuvres ; 4° sur le culte et l'invocation des saints ; 5° sur la présence de Jésus-Christ dans le sacrement de l'autel : comme nous l'avons dit , Luther n'y admettait point de changement de substance. — Lecture publique de cette confession de foi fut faite à la diète. Charles-Quint la remit ensuite aux théologiens catholiques , présents à l'assemblée , Eck , Cochlœus > Conrad Wimpina, Faber et d'autres. Non-seulement ils en relevèrent les erreurs, mais ils démontrèrent encore, d'après les écrits de Luther, qu'il avait lui-même , à diverses reprises , enseigné tout le contraire. En présence des maux qu'avait déjà causés la doctrine protestante, il n'était pas facile à des file? dévoués de l'Eglise de retenir leur indignation. Le premier travail des docteurs catholiques, rédigé sous cette impression, paru* trop violent à l'empereur. Il le fit observer aux théologiens, qui comprirent la nécessité de rester dans la ligne de la prudence et de la modération. La vérité doit être calme et retenue ; la passion n'est bonne que pour défendre l'erreur. Ils composèrent donc, dans ces idées, une nouvelle réfutation de la Confession à1 Augshourg(Lvnfutatio Confessionis Auyustanœ). Chaque article y était discuté froidement, d'après les règles de la logique la plus sévère. On rapprochait les erreurs luthériennes de la tradition catholique ; on montrait en quoi elles s'écartaient de la vérité, et par quels côtés séduisants elles avaient pu faire illusion aux esprits inattentifs. Ce manifeste fut lu, par ordre de Charles-Quint, aux Etais assemblés. L'empereur avait compté sur la bonne foi des princes protestants. Après une exposition si précise et si claire des dogmes catholiques, il ne doutait pas de leur empressement à abandonner le parti de la Ri-

#0 clément vn (1523-1534).

forme. Il prit donc la parole et manifesta le désir de voir s'éteîncb» toutes les divisions • « Sinon , disait-il , nous serons obligé d'agir » en conscience, suivant le serment que nous avons fait lors de » notre sacre , comme protecteur de l'Eglise. » Cette déclaration souleva toutes les haines de la faction protestante. Philippe de Hesse , à la consternation générale, rompit brusquement les conférences ouvertes entre les princes et les évoques, et quitta Augsbourg. Charles -Quint voulut alors qu'une discussion publique s'ouvrît, en sa présence, sur les articles controversés. Eck, le docteur catholique, et Mélanchton, le disciple de Luther, furent désignés pour soutenir chacun leur thèse. L'article de la communion aous les deux espèces fut d'abord discuté. Les théologiens catholiques, s' appuyant d'un précédent analogue qui avait eu lieu dans l'affaire des Hussites, promirent d'obtenir cette concession en fa- Teur de l'Allemagne, si d'ailleurs on réussissait à s'entendre sur le reste. Mélanchton était, de toute la Réforme, la conscience la plus honnête et la plus droite. Il n'avait pas la force de résister à la vérité connop, et les protestants lui surent bientôt mauvais gré de la modération qu'il apportait dans la négociation. Luther n'ayait pu obtenir de paraître en présence de la diète ; il se tenait à Cobourg, toujours prêt à donner un conseil dans les affaires importantes. Dans la suite de la discussion, Mélanchton avait concédé les prérogatives des évêques. « De quel droit, disait-il à » ses partisans, prétendrions-nous enlever aux évêques leur puisa sance, s'ils enseignent la saine doctrine? Non-seulement, et 3 telle est ma sincère pensée , je voudrais fortifier leur pouvoir m mais encore rétablir 1p gouvernement entier de l'Episcopat. Car » je vois quelle église nous aurons après avoir renversé l'autorité s> épiscopale; je pressens l'insupportable tyrannie qui succédera à s» ce que nous aurons renversé. » Il écrivait en termes plus explicites encore , au légat Campeggio , en ce qui concerne le pouvoir du souverain Pontife : « Nous n'avons pas une doctrine autre que » celle de l'Eglise romaine. Nous sommes même prêts a lui obéir, s pour peu que , dans la miséricorde dont elle a toujours usé en- » vers tous les hommes , elle se souvienne de son indulgence et » ferme les yeux sur certains points, peu graves, que nous ne * pourrions plus changer désormais . <p*~id nous le voudrions.

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