‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 49 sur 294 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

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immense et difficile. Elle avait un triple but à atteindre ; il s'agissait de pacifier les empires, d'arrêter les envahissements de Iç Réforme, de s'opposer aux entreprises schismatiques de l'Angleterre, en un mot, de reconstituer fortement l'unité catholique qui semblait prête à se dissoudre. Un homme se rencontra, qui eut assez de génie pour concevoir ces grandes pensées, assez de courage pour les exécuter ; ce fut Paul III. Il descendait de la noble famille des Farnèse, de Toscane, dont l'illustration datait de la fin . du xme siècle. Ses études l'avaient identifié ave/1 le mouvement littéraire de son temps, il se passionna pour les classiques de l'antiquité et pour les beaux-arts que la renaissance avait rendus populaires. Créé cardinal à vingt-six ans par Alexandre VI, sa vie avait dès lors été mêlée aux affaires politiques : il remplit avec éclat les plus grands emplois. Lors de la descente de Charles VIII en Italie, il avait été chargé d'aller recevoir le prince à Viterbe en qualité de légat apostolique. Honoré de la confiance de Jules II , de Léon X et de leurs successeurs, la tiare lui fut imposée à l'unanimité par le collège des cardinaux. Clément VII , sur son lit de mort, avait dit : « Si le pontificat se donnait par héritage, nous » nommerions dans notre testament le cardinal Farnèse commu » notre successeur. » La Papauté était alors un fardeau immense. Paul III en aborda franchement toutes les difficultés ; mais, avant de mettre la main à l'œuvre, il voulut s'entourer des hommes les plus distingués par leur mérite et leurs vertus. Leurs noms sont glorieux ; c'étaient le vénitien Cantarini , Caraffa , Sadolet , dont le nom était illustre depuis Léon X ; Polus , Giberto , Fregoso , tous environnés de l'estime et du respect universels. Avec eux , il s'occupa d'établir les bases d'une réforme pacifique de l'Eglise qu'il voulait opposer au radicalisme effréné des Luthériens. Il commença par promulguer, en ce sens , des règlements pleins de sagesse qui concernaient la chancellerie, la pénitencerie et la chambre apostolique. Sous son influence active, les Camalduîes, les Franciscains, les Capucins commencèrent à se réformer sévèrement.

2. La Providence ménageait au Pontife, dans l'œuvre qu'il allait entreprendre, une armée puissante de nouveaux auxiliaires, dont le zèle sera désormais au niveau de tous les besoins , ie

IA2 paul m (1534-1549).

dévouement égal à tous les labeurs , le courage à tous les périls ; qui, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, montreront îa même fidélité à leurs devoirs , la même soumission au Saint- Siège, la même ardeur pour le salut des âmes ; qui, dans l'exil ou sur les marcbes du trône , dans les chaires chrétiennes des capitales de l'Europe ou dans les missions lointaines de l'Inde , du Japon et de la Chine ; dans les maisons dvéducation ou dans les plus humbles retraites ; dans les villes les plus civilisées ou dans les plus obscures campagnes, feront partout, toujours, avec le même succès et la même abnégation, l'œuvre de Dieu. Nous voulons parler des Jésuites dont la fondation concourait avec l'époque où Paul III inaugurait son nouveau pouvoir. Inigo Lopez de Réealde, plus connu sous le nom d'Ignace de Loyola, naquit dans le château de Loyola dont sa famille portait le nom. D était le plus jeune des fils de cette noble maison, une des premières de la province de Guipuscoa. Ignace passa sa jeunesse d'abord à la cour de Ferdinand-le-Catholique , ensuite à celle du duc de Najara. Sa position lui ouvrait un brillant avenir dans la carrière des armes; mais, à son début, la main de Dieu l'arrêta ; elle avait disposé de cette grande âme. A la défense de Pampelune contre les Français, en 1521, Ignace reçut aux jambes une double blessure qui l' obligea de quitter le métier des armes. Pendant les loisirs d'une longue convalescence, il s'occupa à lire des romans de chevalerie. Cette lecture exaltait le côté chevaleresque de son imagination ; mais comme il ne pouvait plus satisfaire ce penchant, son âme tomba dans une mélancolie profonde. Il sentait en lui-même un ride immense que rien ne pouvait combler. Dans cet état , il se mit à étudier la vie des saints et à méditer l'Evangile. Un nouveau monde lui fut alors découvert, dont il n'avah pas jusque-là soupçonné la profondeur. La vie spirituelle lui fut révélée avec tous ses charmes et tous se? attraik-. Ceito* idée illumina soudain son intelligence , et dès lors Ignace fut un autre homme. Admirable puissance de la grâce qui fait éclater ainsi , à chaque siècle de l'histoire de l'Eglise , ses merveilles de fécondité pour le salut du monde , qui terrasse saint Paul sur la route de Damas , qui transforme Augustin dans un jardin de Milan, qui convertit Ignace dans un château solitaire. Le jeune Espagnol céda à la

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