‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 63 sur 294 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Vlïénotîqiee. H fut rejeté par tous les partis. Mais Charks-Quinf était plus puissant que Zenon. Il ne tint aucun compte des réclamations des catholiques , ni de la condamnation de Y Intérim par la cour romaine , ni des plaintes du concile de Trente , ni jes récriminations luthériennes. B pressa l'exécution de son édit et employa la force contre les protestants qui se refusaient à le recevoir. Constance et Magdebourg, qui s'étaient fait remarquer par une opposition plus vive , furent traitées avec une sévérité qui servit d'exemple aux autres villes.

26. Le concile de Trente avait eu à fixer d'abord la marche quril voulait suivre en présence de la grande tâche qui était offerte à son zèle. Il fut convenu que Ton ferait marcher de front la double question de la réforme et de la doctrine. Avant la quatrième session, deux ambassadeurs de Charles-Quint, Diego de Mendoza et François de Tolède, se rendirent à Trente. Ils demandèrent, au nom de leur maître, qu'on s'occupât exclusivement des questions qui concernaient la réforme ecclésiastique, pour ne pa? réveiller, par des décisions dogmatiques, les animosités protestantes de F Allemagne. Mais on passa outre , malgré leurs réclamations, et l'assemblée promulgua son décret sur l'Écriture sainte. Il fixait le canon des livres saints, tel que nous l'avons encore ; approuvait comme authentique l'édition ancienne, connue sous le nom de Vulgate et « consacrée, disent les Pères, par Fuji sage de tant de sièd£& -— Afin, ajoutent-i!s, de contenir dans » de justes limites les esprits inquiets et entreprenants, le saint » concile œcuménique ordonne que dans les choses de la foi ou » de te. morale, personne ne soit assez téméraire pour se confier à » sor* jugement particulier, dans l'interprétation des saintes Ecri- » tures, en leur donnant un sens ou contraire à celui de l'Eglise » à qui seule il appartient de juger du véritable sens des Ecri- » tures, ou opposé au sentiment unanime des Pères et de la tra- » dition catholique. » C'était condamner le protestantisme dan? son principe même. Car la réforme luthérienne s'était faite au nom de la liberté individuelle d'interprétation ; et chacun des nouveaux sectaires se croyait le droit et la mission de juger à sa fantaisie du sens des Ecritures. — Comme corollaire à cette décision dogmatique, un décret de réforme rendit obligatoire l'é*

110 paul m (153I-Î5I9).

lotion de chaires de théologie dans toutes les églises principales, et enjoignit « aux archiprêtres, curés et à tous ceux qui ont » charge d'âme, de pourvoir, au moins tous les dimanches et » toutes les fêtes solennelles, ou par eux-mêmes ou par d'autres » personnes capables, s'ils en sont légitimement empêchés, à la » nourriture spirituelle des peuples qui leur sont confiés, leur eni> seignant ce qu'il est nécessaire à tout chrétien de croire pour * être sauvé, et leu** faisant connaître, en peu de paroles et en » termes faciles à comprendre, les vices qu'ils doivent éviter et » les vertus qu'ils ont à suivre. » Les évêques sont chargés, chacun dans leur diocèse, de veiller à l'exécution de cette mesure, afin qu'il ne puisse être dit du peuple chrétien : « Les petits en- » fants ont demandé du pain et il ne se trouvait personne pour le » leur rompre. »

27. L'intervalle de la quatrième à la cinquième session fut marqué par une lamentable apostasie. Yergerio, ce légat du Pape en Allemagne, dont nous avons raconté l'entrevue avec Luther, avait subi, au lieu de la combattre, l'influence de la Réforme. Il ne dissimulait plus son penchant pour l'hérésie. Charles-Quint et les princes catholiques voyaient avec une profonde douleur un homme investi de la confiance pontificale donner ce dangereux exemple. L'empereur en écrivit à Paul m pour le supplier de rappeler son légat. De son côté, Vergerio vint chercher un asile su sein du concile, espérant que la protection du cardinal de Trente le sauverait des rigueurs du jugement qui l'attendait à Rome. Déchu de cette espérance, il obtint néanmoins des légats des lettres de recommandation si pressantes, qu'elles lui valurent la dispense de comparaître en cour romaine. On remit, sur ses instances, la connaissance de sa cause au tribunal du nonce et du patriarche de Venise. Mais enfin Vergerio, qui sentait la gravité de sa position, rompit ouvertement avec l'Eglise et se retira parmi les hérétiques, chez les Grisons, d'où il écrivit, dans le style de Luther, des pamphlets contre la Religion, contre le concile et •ontre le Pape , dont il avait eu l'honneur d'être le représentant. Quelques années auparavant (1542), un scandale du même genre avait profondément ému le monde catholique. Ocehin, générai àw Capucins, homme d'une ambition démesurée et d'un esprit

Page 1