CHAPITRE' 1VI
» cri vain protestant Ranke, il sut se décider à faire violence à son » cœur, et sacrifier aux devoirs de la PaDauté son affection pou/ * ses parents. »
23. Dès ce moment, la réforme de Ptegiise devint son unique* pensée , et il ne passa pas un jour sans y travailler. Le temps sei^ lui manqua pour reprendre le concile de Trente, dont les guerres> qui remplirent son pontificat, avaient empêché la convocation. Mais s'il ne put le réunir, il prépara du moins, par de sages règlements, les principaux décrets de réforme que le concile publia plus tard. L'administration des affaires temporelles, la disci» pline ecclésiastique, les ordres religieux, les mœurs publiques fl£ privées , rien n'échappa à son vigilant contrôle. Pour arriver $$> résultat qu'il se proposait, il déploya une énergie et une sévénfel qui lui valurent d'honorables inimitiés. Il rétablit l'inquisition à- Rome et détermina l'étendue de sa juridiction. Tant de soins, de sollicitudes et d'embarras, joints au fardeau de près de quatrevingt-quatorze ans , accablèrent le Pape et ne tardèrent pas à le conduire au tombeau. L'année qu'il eût voulu marquer comme la première de son pontificat, en devait être la dernière. Sentant sa fin approcher, il fit venir les cardinaux pT ^e son lit de mort , leur demanda pardon des fautes et des nég^ences qu'il avait pu commettre dans le cours de son règne, les exhorta à une parfaite union et « travailler de tout leur pouvoir à lui choisir un succes- Btîur capable de veiller aux intérêts de l'Eglise. Quelques jours après (18 août 1559), il expira en prononçant ces paroles du psaume 51 : Lœtatus sum in his quœ dicta sunt mihi: In domum Domini ibimui. La popularité qu'on achète si souvent au prix de sa conscience et de son honneur, Paul IY Favait méprisée. Les Romains s'en vengèrent en insultant à sa mémoire. Ils brûlèrent le palais de l'Inquisition et brisèrent les statues qu ls lui avaient eux-mêmes élevées au commencement de son pontificat. La mêmt année vit mourir saint Ignace, comblé de vertus et de mériteSb II eut pour successeur Jacques Laynez.
21. Cependant une révolution nouvelle avait suivi en Angleterre la mort de la reine Marie. Sa sœur Elisabeth, issue du mariage adultère de Henri YIII et d'Anne de Boulen, lui succéda. Sous le précédeotrègne.. Elisabeth, élevée jusque-là a&ns le pro*
paul iv (1555-1559).
testantisme, avait édifié tout le monde par son zèle pour la religion catholique. Non seulement elle assistait, avec une régularité affectée , à la messe , mais elle avait encore , dans l'intérieur de ses appartements, une chapelle ornée avec pompe et desservie par un prêtre catholique romain ; un confesseur était même attaché officiellement à sa personne. Cependant Marie avait toujours douté de la sincérité de ces démonstrations extérieures ; et à l'article de la mort, elle avait poussé la sollicitude jusqu'à implorer de sa sœur un libre et franc aveu de ses opinions reitgieuses. L'hypocrite Elisabeth n'avait répondu à cette preuve A touchante d'attachement qu'en priant le Dieu tout-puissant de permettre que la terre s'entrouvrît et l'ensevelît à l'instant même, si elle n'était invariablement attachée de cœur et d'âme à la religion catholique , apostolique et romaine. C'était là un horrible parjure. Le premier acte de la nouvelle reine fut de rappeler à la cour les partisans de la prétendue réforme qui en avaient été bannis par sa sœur. Les prisonniers pour cause de religion furent mis en liberté. L'évêque de Winchester avait été chargé de prononcer l'oraison funèbre aux obsèques de la reine Marie. Il fut jeté en prison par ordre d'Elisabeth poui avoir insisté dan* son discours sur le rétablissement du catholicisme en Angleterre. Tout se préparait donc pour une apostasie qui cessa d'être secrète lorsqu'une proclamation royale intervint pour défendre au clergé catholique de prêcher en public, et qui soumettait le choix définitif du culte à observer en Angleterre , à une commission du Parlement qui en délibérerait de concert avec la reine et les trois Etats du royaume
25. Cependant le pape Paul IV avait refusé de reconnaître la légitimité d'Elisabeth, et avait déclaré que, par droit d'hérédité , le trône d'Angleterre appartenait à Marie Stuart, reine d'Ecosse, comme la plus proche parente légitime de Henri VIII. Cette princesse avait été mariée, en 1558, au Dauphin de France, qui fut depuis François II. Catholique sincère, elle eût suivi sur le trône la ligne religieuse de la reine Marie Tudor, et son mariage avec le futur héritier du royaume de France promettait au monde la fin des hostilités qui divisaient depuis si longtemps les deux pays. Mais Marie Stuart ne devait trouver en Angleterre qu'une mort