‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 91 sur 294 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

pouvoir de l'Ordre leur vient immédiatement de Jésus-Christ; mais on se divisait sur l'origine de leur juridiction. Les uns l'attribuaient immédiatement à Jésus - Christ ; les autres prétendaient qu'elle ne leur est communiquée que médiatement, par l'organe du souverain Pontife. Le cardinal de Lorraine réussit à assoupir ces querelles purement spéculatives, qui n'intéressaient que médiocrement la pratique. « Les hérétiques , disait-il , pro* » fitent de vos discussions intestines pour continuer leurs ravages. » Bs soutiennent que les prélats institués par le Pape ne sont pas » de vrais et légitimes évêques ; voilà précisément ce qu'il faut » condamner sans soulever des questions oiseuses et peut-être in- » solubles. » C'était le parti le plus sage et il finit par l'emporter. — La mort des cardinaux de Mantoue et Séripand, légats du Pape et présidents du concile , vint encore apporter un nouveau retard aux délibérations. Pie IY les remplaça par les cardinaux Morone et Navagero. Aussi distingués par leur prudence et leur profond* connaissance des hommes, que dévoués aux intérêts du Saint- Siège, les nouveaux légats répondirent à la confiance du souverain Pontife. 1k terminèrent avec bonheur un différend survenn entre les ambassadeurs d'Espagne et de France sur la préséance de leurs deux souverains et purent enfin tenir la vingt-troisième Mssion.

9. Elle eut lieu le 15 juillet 1563. On y promulgua la doctrine relative au sacrement de l'Ordre, qui avait donné lieu à tant de discussions. « Comme la fonction du sacerdoce, disent les Pères, » est une chose toute divine, afin qu'elle put être exercée avec » plus de dignité et de respect, il a fallu qu'il y eût plusieurs or- > dres de ministres attachés au service de l'autel ; en sorte que le* » clercs, séparés par la tonsure du reste des fidèles, fussent ensuite i> élevés aux ordres majeurs en passant par les moindres. Car les » saintes Écritures parlent, en termes formels, non seulement des » prêtres, mais encore des diacres ; et elles indiquent clairement » ce qu'il faut observer dans leur ordination. Quant aux ordres » suivants, savoir : sous-diacres, acolytes, exorcistes, lecteu et » portiers, on voit que, dès rétablissement de l'Église, les noms » et les fonctions propres à chacun d'eux étaient en usage, mais » dans des degrés différents * car les Pères et les saints conciles

186 pie iv (1559-1565).

» mettent au rang des> ordres majeurs le sous-diaconat, et ils par- » lent souvent des autres ordres inférieurs. Si quelqu'un dit que, » dans le Nouveau Testament, il n'y a point de sacerdoce visible .» ou extérieur, ou qu'il n'y a pas une certaine puissance de con- » sacrer et d'offrir le vrai corps et le vrai sang de Notre-Seigneur, » de remettre et de retenir les péchés : mais que tout se réduit à s une commission et au simple ministère ae prêcher l'Évangile ; è ou que ceux qui ne prêchent pas ne sont aucunement prêtres : » qu'il soit anathème ! — Si quelqu'un dit que, outre le sacer- » doce, il n'y a point dans l'Eglise catholique d'autres ordres ma-

* jeurs et mineurs, par lesquels, comme par certains df grés , ca » monte au sacerdoce , qu'il soit anathème ! — Si quelqu'un dit » que l'Ordre ou l'ordination sacrée n'est pas véritablement et » proprement un sacrement institué par Notre-Seigneur Jésus- » Christ ; ou que c'est une invention humaine , ou bien que es » n'est qu'une pure cérémonie employée dans le choix ^esminis-

* très de la parole de Dieu et des sacrements : qu'il soit anathème !

* — Si quelqîi^u» lit que , dans l'Église catholique , il n'y a pas » une hiérarchie éiaLhe.par l'ordre ae Dieu et composée d'évê-

* ques , de prêtres •* de ministres : qu'il soit anathème ! — Si .» quelqu'un dit que les évêques ne sont pas supérieurs aux » prêtres ou n'ont pas la puissance de conférer les sacrements de

* Confirmation et d'Ordre ; ou que celle qu'ils ont leur est com-* » mune avec les prêtres ; ou que les ordres qu'il* confèrent, sans

* le consentement ou l'intervention du peuple ou de la puissance » séculière sont nuls ; ou que ceux qui ne sont ni ordonnés ni enm voyés légitimement par la puissance ecclésiastique et canonique, v mais qui viennent d'ailleurs, sont néanmoins des ministres lé* m gitimes de la parole et des sacrements : qu'il soit anathème ! -^ » Si quelqu'un dit que les évêques établis par J autorité ou Pon- » tife romain ne sont pas de vrais et légitimes évêques, et que

* leur institution est une invention humaine : qu'il soit ana-

* thème ! » Ainsi la sainte Église de Dieu, toujours vivante depuis saint Pierre jusqu'à Pie FV. résumant en elle tous les siècles,

iutes les générations, toutes les promesses, toutes les grâces ex-

osaii à Trente la divinité de son sacerdoce et de sa hiérarchie.

jt décret de réformation publia p.n même temps que les canons

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