‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 90 sur 294 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

restes épars des antiques églises de Mésopotamie et de Chaldée, tristement assis sur les rivages de l'Euphrate et du Tigre, au milieu dbs ruines inconnues de Babylone et de ÎNinive , envoyaient leur patriarche au sein de la Ville éternelle pour se rattacher plus intimement au centre de l'unité catholique et y puiser la vie et la force spirituelles. Dans le même temps, Pie IV venait d'ériger de nouveaux évêchés en Amérique et dans les Indes pour recevoir les nouveaux peuples qui se pressaient aux portes de l'Eglise. Le Japon ouvrait les yeux à la lumière de la foi et la Chine attendait les compagnons de saint François-Xavier.

7. Le 17 septembre 1562 , la vingt-deuxième session s'ouvrit en présence de six cardinaux , trois patriarches , cent quarantedeux évêques et sept généraux d'ordre. On y promulgua neuf canons sur le saint sacrifice de la messe. « Si quelqu'un , disent » les Pères, prétend qu'en célébrant la sainte Messe on n'offre pas » à Dieu un sacrifice véritable et proprement dit : qu'il soit aua- » thème ! — Si quelqu'un dit que, par ces paroles : Faites ceci en » mémoire de moi, Jésus-Christ n'a point institué les Apôtres » prêtres , et qu'il ne leur a pas ordonné, à eux et aux prêtres, » d'offrir son corps : qu'il soit anatneme ! — Si quelqu'un dit que » c'est une imposture de célébrer des messes en l'honneur des » saints pour obtenir leur intercession auprès de Dieu , comme » c'est la pratique de l'Eglise : qu'il soit anathème! — Si quel- » qu'un dit que les cérémonies , les ornements et les signes extéi> rieurs employés par l'Eglise catholique dans la célébration de » la messe sont plus propres à faire naître l'impiété qu'à nourrir » k dévotion : qu'il soit anathème î — Si quelqu'un dit que les » messes où le prêtre seul communie sacramentellement sont illi~ » cites, et que , pour cela , il faut les abolir : qu'il soit anathème I » — Si quelqu'un dit que le rite de l'Eglise romaine, selon lequel » on prononce à voix basse une partie du canon et les paroles d« » la consécration , doit être condamné ; qu'on ne doit célébrer » qu'en langue vulgaire , qu'il ne faut point mêler d'eau avec U » vin qui doit être offert dans le calice, sous prétexte que cela est * contraire à l' institution de Jésus-Christ : qu'il soit anathème ! » Chacun de ces canons répondait , comme on le voit , aux erreurs que le protestantisme s'efforçait de populariser en Allemagne. Ii8

1«4 pie iv (1559-1565.)

décret de réformation relatif aux mœurs cléricales renfermait onze chapitres. — Les évêques sont chargés de veiller à ks conduite , la régularité , la science des clercs. — On détermine les qualité* que doivent avoir les prêtres chargés d'administrer les église* cathédrales. — Les dispenses expédiées par la cour de Rome seront commises à Tévêque à qui appartiendra la juridiction poo les fulminer. — Les évêques sont constitués exécuteurs de tous les legs pies, et visiteurs des hôpitaux qui ne sont pas sous la protection immédiate des rois. Les administrateurs des biens ecclésiastiques devront rendre compte de leur gestion entre les mains des prélats , à moins qu'il ne soit autrement spécifié dans l'acte de fondation. — Enfin on décernait des peines sévères contre les spoliateurs des églises et les détenteurs injustes des revenus ' teelés? astiques.

8. la nouvelle de la prochaine arrivée du cardinal de Lorraine que Charles IX annonçait comme son ambassadeur, engagea les Pères k proroger jusque-là leur vingt-troisième session. On était à une époque de crise. A l'occasion du sacrement de l'Ordre, on traitait de l'insti*ution des évêques ; il s'agissait de déterminer si eette institution est divine ou si les évêques tiennent médiatament leur mission du Pape. Jamais article ne fut plus fortement dé-* battu; jamais les avis ne furent proposés et soutenus avec plus de vivacité. « L'orage fut si violent, dit le cardinal Pallavicini, » que l'espérance qu'on avait conçue du rétablissement de la paix » dans l'Eglise, se changea en désespoir. » Il fallut toute l'habileté et toute la vertu de saint Charles Borromée , sa longanimité , sa douceur et sa fermeté réunies, son ascendant sur l'esprit du Pape, son oncle , son talent d'insinuation auprès des légats et des Pères du concile, pour ramener enfin les partis contraires à un accord raisonnable. L'arrivée du cardinal de Lorraine à Trente interrompit un instant la discussion. Ce grand homme fut accueilli avec des honneurs extraordinaires. Tous les Pères allèrent au devant de lui et tinrent une congrégation générale où il prononça un discours aussi éloquent que vif et profond sur les devoirs du tonuife. et les espérances que sa vocation avait fait naître au sein ie l'Europe catholique. La déJibération sur l'institution à** évêques reprit ausuite soi» cours. Tout le monde convenait que le

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