CALIXTE II
points, tels que Pinutiiité des sacrements, de l'invocation et do culte des saints, de la prière pour les morts, différent en quelques autres, selon le nom des chefs de sectes. Mais leurj principes, en morale, sont toujours les mêmes : négation de tout pouvoir et de toute règle; licence et scandale. Le premier nom de ce genre que nous rencontrons au xne siècle est celui de Pierre Bruys, dont les disciples s'appelèrent Pétrobrusiens. Il parcourut le Dauphiné , la Provence et le Languedoc, abattant et brûlant les croix, rebaptisant les enfants, enseignant que les églises sont inutiles et que Dieu ne veut point d'autre temple que F univers. Les multitudes le suivaient avec enthousiasme , massacrant les prêtres, pillant et brûlant les églises, et se livrant aux plus honteux excès. Henri de Lausanne , le plus célèbre des partisans de Pierre de Bruys, porta les mêmes doctrines et les mêmes désordres en Suisse et dans les provinces de l'Ouest de la France. La société, autant que la religion, était intéressée à la répression de pareils sectaires, et cette considération explique les rigueurs que le pouvoir séculier fut obligé (Vt déployer contre eux , aussi bien que contre les Vaudois et les Albigeois dont ils étaient Pavantgarde. Dans le même temps, à Anvers, un fanatique, nommé ïanchelme ou Tanquelin, souleva la population par les mêmes moyens. Il poussa plus loin ses prétentions et se fit adorer comme un dieu. Il renouvelait les traditions des Adamites, et prétendait ramener le monde à la nudité primitive en lui rendant son innocence perdue. Les prédications de saint Norbert, à Anvers, parvinrent à- ramener la multitude égarée. Les disciples de Tanchelme se répandirent dans la Flandre, sur les bords du Rhin, et infestèrent le diocèse de Cologne. Ils affectaient une vie pauvre et austère, s'élevaient contre la suprématie du Pape et contre tous les pouvoirs hiérarchiques. Pour eux, ils se disaient les pauvres du Christ, les unitateurs des Açôtres; d'où ils prirent le nom tf Apostoliques.
38. A la même époque, des erreurs analogues se révélaient en Orient. Les Bogomiïes, mot slave qui veut dire ' sectateurs de la prière, inondaient ^empire de Constantinople, Gous la conduite d'un imposteur bulgare, nommé Basile. Ces fanatiques rejetaient tout l'ensemble des dogmes chrétiens. Selon eux. l'incarnation