‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 14 sur 332 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Henri II se rendit à l'église de Saint-Pierre. Il marchait, la couronne royale en tête , accompagné de la reine sainte Cunégonde, son épouse, et entouré de douze sénateurs. Le Pape l'attendait sur les degrés de la basilique. Avant de l'y introduire, il lui demanda s'il voulait être le protecteur du Saint-Siège , et se montrer fidèle en toutes choses aux vicaires de Jésus-Christ. Henri le jura : il déposa son diadème royal sur l'autel des saints Apôtres. Benoît VIII le sacra et le couronna empereur. Il lui remit ensuite un globe d'or, surmonté d'une croix de même matière , et orné d'un double contour de pierreries. C'était un emblème qui représentait l'accord de l'empire avec la religion. L'empereur, entrant dans ces vues, dit, en recevant ce symbole précieux : « Vous voulez m'apprendre , saint Père , comment je » dois user de la nouvelle autorité qui m'est conférée. Mais cette » croix surmontant le globe du monde ne convient parfaitement » qu'à ceux qui ont foulé aux pieds les pompes du monde, pour 0 porter la croix de Jésus-Christ. » Le moine Glaber, qui nous a transmis ces détails , ajoute , en terminant son récit : « Il paraît » très raisonnable et très justement établi , afin de maintenir la » paix , qu'aucun prince ne prenne le titre d'empereur , sinon » celui que le Pape aura choisi pour son mérite et à qui il a*ura » donné la marque de cette dignité. » Le nouvel empereur confirma à l'Eglise romaine tous les droits concédés par Charlemagne et par les Othons. En même temps, il déclara que l'élection du Pontife serait faite librement par le clergé et le peuple

possibilité d'avoir un successeur de son sang, GrégoirsY, en 996, régla, dans un concile dont les actes ne sont point arrivés jusqu'à nous. <ie quelle manière l'empereur serait élu à l'avenir. Sans entrer dans le détail des autorités qu'il apporte à l'appui de son opinion, il est certain que le titre d'empereur, transmis successivement d'Othon Ier à son fils et à son petit-fils , sans difficulté, en vertu de to concession (réelle ou supposée) de Léon VIII, n'a plus été accordé qu'?u prince élu et sacré ou confirmé par le Pape. Immédiatement après Otlion III , saint Henn fut élu roi de Germanie, en 1002, mais il n'eut le titre et ies insignes d'empereur qu'en 1014, après son sacre par le Pape. 11 en sera de même de Conrad, «on successeur. C'est là l'origine du titre de saint-empire donné à l'srr.pira ^'Allemagne. Les exceptions qui pourront se présenter dans la suite ne prouveront point contre la règle. » {Note, de M. l'abbé Pelier de la Croix, édition do Berault-Bercastel, t v, p. 191.)

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