‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 15 sur 332 · BENOÎT VIII · texte numérisé non relu

BENOÎT VIII

romain, pourvu qu'aux termes des décrets d'Eugène IV et de Léon IV, la consécration ait lieu devant les députés impériaux. On ôta désormais au peuple le droit d'intervenir dans l'élection, pour la réserver au clergé seul. Ces stipulations, en faveur de la liberté des élections pontificales, n'avaient de force et d'efficacité qu'autant que les empereurs se trouvaient sur les lieux pour les faire respecter : car malheureusement, dans ces siècles désastreux , une foule de tyrans subalternes se disputaient le pouvoir à Rome, et prétendaient, par la force, y faire prévaloir leur volonté.

26. Une question liturgique fut alors agitée entre le Pape et saint Henri II. On se souvient, qu'à propos de la discussion du Filioque, nous avons fait la remarque que l'usage de chanter le Symbole, à la messe, ne s'était point encore introduit dans l'Eglise romaine. L'empereur était accoutumé à ce chant, qui était passé, des Eglises de Gaule et d'Espagne, à celles de Germanie. Il demanda au Pape pourquoi Rome n'adoptait pas cette pratique. « L'Eglise de Rome, lui répondit Benoît VIII, n'étant » jamais tombée dans aucune hérésie, n'a pas besoin de déclarer » sa foi par cette confession solennelle. » Cependant le souverain Pontife, après avoir mûrement examiné la question, et pour cimenter, par un monument durable, la paix avec l'Eglise grecque, ordonna qu'à l'avenir le Symbole de Constantinople serait chanté à Rome. Le cardinal Lambertini remarque, à ce propos, qu'il y a quatre Symboles en usage dans l'Eglise catholique : 1° celui des Apôtres; 2° celui de Nicée, rédigé en 325; 3° celui de Constantinople (381); 4°enfin le Symbole Quicumque , connu sous le nom de saint Athanase, et qui se récite à prime. Baronius soutient l'authenticité de ce Symbole , rejetée par Noël Alexandre, Tillemont, Muratori, Papebrock, Mabillon, qui prétendent, avec quelque fondement, que si saint Athanase en était l'auteur, il n'y eût pas omis le terme de consubstantiel ', ce témoignage victorieux de la foi catholique , et foudroyant contre l'erreur des Ariens. On ne connut pas ce Symbole avant le vic siècle- ThéoduJfe d'Orléans est le premier qui l'attribua à saint Ath«nase

27. Après son couronnement, l'empereur repartit pour Y Allemagne et prit sa route par la France, où il voulait visiter samî

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