‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 148 sur 332 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ne faisait qu'augmenter la détresse sans accroître le nombre des défenseurs. Jérusalem fut investie par les troupes du sultan, qui jura d'en renverser les tours et les remparts et de venger sur les chrétiens la mémoire des musulmans vaincus par Godefroi de Bouillon. Les assiégés choisirent pour chef Baléan d'Ibelin, vieux guerrier, dont la bravoure s'était signalée sur vingt champs de bataille. La résistance fut d'abord énergique et le courage semblait égal au danger. Mais bientôt, à la vue de l'inutilité de leurs efforts contre des forces sans cesse renaissantes , le désespoir s'empara des chrétiens. Les soldats n osaient plus rester pendant la nuit sur les murailles qui menaçaient de s'écrouler sous le choc des machines de Saladin. La reine Sibylle oflrit au sultan de lui rendre Jérusalem par capitulation, La faiblesse d?une femme livrait ainsi, aux ennemis du nom chrétien, la plus noble conquête de l'héroïsme et de la foi. Le honteux traité fut signé le 2 octobre 1187, après quatorze jours seulement de siège. Un délai de quarante jours fut accordé aux chrétiens pour sortir de la ville. Quand le terme fatal fut expiré, Saladin, assw sur un trône resplendissant d'or et de pierreries, fit passer devant lui cette population infortunée. Le patriarche, suivi du clergé, parut le premier, emportant les vases sacrés et les ornements du Saint-Sépulcre. La reine de Jérusalem, accompagnée des principaux barons et chevaliers, venait ensuite. Saladin respecta sa douleur et lui adressa des paroles de compassion et de bonté. Elle était suivie d'un grand nombre de femmes qui portaient leurs enfants dans leurs bras. Plusieurs d'entre elles s'approchèrent du trône de Saladin . « Vous voyez à vos pieds, lui dirent-elles, » les épouses, les mères, les filles des guerriers que vous retenez » prisonniers. Nous quittons pour toujours notre patrie, qu'ils » ont défendue avec gloire ; ils nous aidaient à supporter la vie : * en les perdant, nous avons perdu notre dernière espérance. » Saladin fut touché de leurs larmes et promit d'adoucir la< maux de tant de familles désolées. D rendit aux mères leurs enfants, aux épouses leur maris, aux fils leurs pères. Il permit aux hospitaliers de rester dans la ville pour soigner les pèlerins et les chrétiens blessés dans la der*>***^ <***&rve. S^ir 100,000 personnes que renfermait la ville, il ne resta que 14,000 prisonniers*

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