‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 147 sur 332 · chapitre vn. 2 SI · texte numérisé non relu

chapitre vn. 2 SI

» véritable Eglise , et qu'ils étaient les seuls vrais disciples de » Jésus-Christ. 4° Ils niaient l'existence du purgatoire etl'efhca- » cité des prières pour les morts. 5° Ils affirmaient qu? le pou- » voir sacerdotal n'avait pas été donné excltstsiveaiient aux » hommes, et que les femmes y avaient également droit. 6° Tout » sacrement administré par un prêtre en état de péché mortel , » est nul et sans effet. 7° Tous ïes croisés sont des homicides. v 8° Tous les clercs possédant des bénéfices ecclésiastiques, filii » sunt dœmonis. 9° Tous les rites, cérémonies et chants de l'E- » glise, le culte des saints, la vénération de leurs reliques et de » leurs images sont des actes d'idolâtrie. 10° Enfin, le divorce » est permis dans toutes les circonstances. » Les Vaudois étaient, comme on voit, les précurseurs de Luther. Les protestants ont attaché la plus grande importance à prouver que les Vaudois n'étaient point une secte nouvelle, et que leurs doctrines remontaient, à travers les siècles, jusqu'aux temps apostoliques. Mgr Charvaz, dans le livre déjà cité, et Mgr Palma, secrétaire de Sa Sainteté Pie IX, dans son cours d'histoire ecclésiastique, intitulé : Prœlectiones historicœ ecclesiasticœ , ont victorieusement réfuté ces prétentions du protestantisme. Les Vaudois, comme tous les hérétiques qui secouèrent, à différentes époques, le joug de l'Eglise , étaient positivement une secte nouvelle ; ils se détachaient de la grande unité catholique. On pouvait leur appliquer le mot que Tertullien adressait aux partisans de Marcion : « Sont-ils du Christ? non; ils datent de Pierre Valdo »

33. Lucius III mourait quelques mois après le concile de Vérone (24 novembre 1185). L'état déplorable de la Palestine avait aussi ûxê son attention; mais le temps lui manqua pour organi •er les secours qu'il projetait d'envoyer on Orient.

I 4L Pontificat d'Urbain III (25 novembre 1185-19 octobre 1187).

34. Le cardinal Hubert Crivelli , archevêque de Milan, fut élu Pape à l'unanimité, à Vérone, le 25 novembre 1185 , et prit le nom d'Urbain III. C'était le temps où Andronic, cnassé du trône de Constantinopîe, expiait son usurpation par le dernier supplice. H avait pour successeur Isaac l'Ange , dont le nom devait être

182 urbain m (1185-1187).

flétri par l'histoire et maudit des croisés, comme celui d'un traître. L'empire d'Orient s'éteignait ainsi dans la honte et dans le crime, au lieu d'unir ses efforts à ceux de l'Occident pour secouer le joug de l'Islamisme et venger l'honneur de la chrétienté.

35. Un instant on put croire que la lutte entre le Saint-Siège it Frédéric Barberousse allait se réveiller avec plus d'animosité que jamais. Le roi de Sicile, Guillaume-le-Bon , qui avait succédé, en 1166, à Guillaume-le-Mauvais , son père, venait de mourir, laissant la princesse Constance , sa fille, pour unique héritière de ses Etats. Elle était déjà avariée à Henri, fils de Frédéric Barberousse. L'empereur se hâta de faire couronner Henri roi de l'Italie tout entière par le patriarche d'Aquilée et l'archevêque de Vienne. Une puissance formidable se trouvait ainsi concentrée sur la tête du futur empereur d'Allemagne. Quoique la Sicile relevât immédiatement du Saint-Siège , le Pape n'avait point été consulté pour cette importante affaire. Il s'en plaignit inutilement à Frédéric, et excommuniâtes deux prélats qui, sans sou ordre, avaient osé procéder au couronnement du jeune prince (1186). Tout faisait prévoir une guerre inévitable, lorsqu'une nouvelle venue de l'Orient, retentit en Europe comme un coup de tonnerre et y tourna les esprits vers d'autres préoccupations.

36. Saladin, ce sultan fameux, dont les chroniques orientales vantaient le grand caractère et dont les auteurs chrétiens euxmêmes ont loué la noblesse et la générosité chevaleresque, venait de replanter l'étendard du Prophète sur les murs de Jérusalem. Guy de Lusignan venait de succéder à Baudoin V, sur ce trône qu'il ne sut pas défendre. La faiblesse de son gouvernement, sce inexpérience, sa vie molle et efféminée, précipitèrent la ruine d'un royaume fondé au prix de tant de sang, maintenu avec Jant de gloire, qui attestait *m Orient la supériorité des armes et de la civilisation latinea. Guy de Lusignan, vaincu dans une bataille angée, fut fait prisonnier par Saladin. Les débris de son armée, les enfants des guerriers morts en combattant, une multitude de familles chrétiennes , chassées par les Sarrasins de leurs provinces dévastées, vinrent se réfugier à Jérusalem. Cent mille personnes étaient enfermées aans les murs de la ville sainte Mais cette multitude d'enfants, de vieillards et de femmes

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