CHAPITRE VIII
cent 111 (16 juillet 1216) fut uu deuil universel. Son po&tificat tôt l'une des phases les plus importantes des temps modernes. 11 sut s'approprier la pensée de saint Grégoire VII, et lui donner de magnifiques développements, à l'aide de son vaste génie. Nous retrouvons, à trois siècles de distance, les mêmes principes qui avaient servi de base à Grégoire Yïl et à Sylvestre II. Cette unité merveilleuse imprime à la Papauté un caractère de grandeur que n'a pu atteindre aucune institution humaine. La forme des gouvernements passe avec les hommes; comme eux, elle est emportée par les flots du temps. La pensée immuable de Dieu reste seule- et son reflet éclaire le pouvoir pontifical, encore debout, après dix-huit siècles. Plus un Pape a été grand par le génie, plus il a su rattacher son œuvre à celle de ses prédécesseurs. La seule manière d'apprécier l'histoire des souverain» Pontifes, c'est de montrer cette succession admirable dans les hommes, les principes et les faits. La gloire véritable d'Innocent III est toute dans cette règle. En prenant la morale chrétienne à sa source, il continua l'œuvre de saint Grégoire VII. Comme lui, il voua sa vie à trois idées • développGr au sein de l'Eglise l'esprit de piété et de foi , en faisant respecter la discipline et les lois canoniques; dégager la puisscu^ce spirituelle des mtraves et des liens du pouvoir temporel; enfin, porter la civilisation chrétienne en Orient, par les croisades. Cette triplé ^iMtee dirigea constamment ses actes, et a fait toute sa gloirt.