‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 205 sur 332 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

SOMMAIRE

rfÉSUMÊ dISTORIQUE DE LA CINQUIÈME ÉPOQUE DE L'ÉGLISE.

1. Lutte des empereurs d'Allemagne contre l'Église. — 2 Sainteté de U mi» «ondes Papes de cette époque. — 3. Cardinaux. — 4. Relations de l'Épisco* pat avec le Saiut-Siége. — 5. Mœurs .du clergé à cette époque. — 6. Action de l'Église sur la s*«iété du moyen âge. — 7 Croisades. — 8. Expédition contre les Albigeois. — 9. Propagation de l'Evangile. — 11. Esprit de foi. Culte. Dévotion à la sainte Vierge. — 11. Ordres religieux. — 12. Universités. — 13. Architecture gothique. — 14. Symbolisme religieux de l'art gothique. Cathédrales de cette époque.

1. Jamais l'Eglise ne manifesta plus librement sa force d'action que pendant la cinquième époque de son histoire, qui constitue la plus brillante période du moyen âge. La Papauté, relevée des abaissements du xe siècle par Sylvestre II, devint, sous les pontificats de saint Grégoire VII et d'Innocent III , la reine du monde. Nous avons vu à quel prix ce triomphe fut acheté et quelles luttes le précédèrent. Les passions, plus ardentes chez les nations jeunes et indisciplinées ; l'extension du droit féodal , qui faisait de chaque seigneur un souverain; les prétentions des princes sur les élections ecclésiastiques, furent autant d'obstacles au développement du pouvoir tutélaire des souverains Pontifes. Mais plus les difficultés étaient grandes , plus elles attestaient la nécessité absolue, ain sein des sociétés chrétiennes, d'une puissance énergique qui réprimât les violences, prévînt les abus, punît les crimes et moralisât le monde. En intervenant partout comme médiateurs, entre les princes et les sujets, les peuples et les Etats; en jugeant, au nom de Dieu, les rois et les nations ; en «'opposant à l'injustice, sous toutes ses formes, les Papes répondaient à un besoin et usaient d'un droit que l'opinion publique était unanime à jnir reconnaître. Ce fait nous paraît incontestable, si l'on suit attentivement le récit des événements de cette

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époque. Henri IV, en Allemagne; plus tard, Frédéric Barberousse et-Frédéric II voulurent en vaio lutter contre cette suprématie: du pouvoir spirituel, à laquelle l'Europe entière obéissait. Le martyre de saint Thomas de Cantorbéry, en Angleterre, fut une occasion non moins solennelle pour la Papauté, de manifester sa puissance et ses droits. Les paroles de Bossuet, à cet égard, sont remarquables : « Henri II , roi d'Angleterre, dit-il, se dé- » clare. l'ennemi de l'Eglise ; il l'attaque au spirituel et au tem- » porel , en ce qu'elU tient de Dieu et en ce qu'elle tient des » hommes; il usurpe ouvertement sa puissance; il met la main » dans son trésor qui renferme la subsistance des pauvres; il » flétrit l'honneur de ses ministres par l'abrogation de leurs pri- » viléges, et opprime leur liberté par des lois qui lui sont con- » traires. Prince téméraire €i mal avisé! Que ne peut-il décou- » vrir de loin les renversements étranges que feront un jour, i) dans son Etat , le mépris de l'autorité ecclésiastique et les ex- » ces inouïs où les peuples seront emportés, quand ils auront » secoué ce joug nécessaire ! »

2. Dans ces derniers temps on a répété, sur la foi des écrivains du xvine siècle, que les Papes avaient affaibli et déconsidéré le pouvoir royai, en le soumettant à leurs censures. C'est là une de ces calomnies qui ne résistent pas à l'examen sérieux des faits. Au moyen âge les Papes étaient les interméaiaires naturels entre les rois et les peuples. L'opinion les avait investis de la mission de juges et d'arbitres; et, il faut bien le reconnaître, ils justifièrent cette confiance par des vues larges et généreuses* ur désintéressement absolu et une ligne de conduite toujours tracés par l'honneur et la vertu. Si les Papes eussent cherché dans l'exercice de cette haute mission à servir leurs propres intérêts, à accroître leur influence ou leur domination temporelle , il est évident que, dans les luttes multipliées qu'ils durent soutenir, ils eussent de préférence embrassé le parti des puissances de la terre. Or, c'est précisément le contraire qu'ils firent toujours. Chargés de maintenir, contre les souverains et les grands, le» principes immuables de la morale et de la foi, ils ne manquèrent pas un instant à cette noble mission. Sans autres armes que celles de îa vérité et du droit, sans autre force que celle de la cône-

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