‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 208 sur 332 · Nous avons suffisamment indiqué, au point de yue reli · texte numérisé non relu

Nous avons suffisamment indiqué, au point de yue reli

400 RÉSUMÉ DE LA CÏNQUIÊMT JPOQUE.

gîeux, les admirables résultats des croî^der Jl nous paraît important- de réunir ici les principaux avantages qu'elle" produisirent sur la société européenne en général. Leur iniiuenci* immédiate sauva le monde chrétien de l'invasion des Turcs, et apprit aux* enfants du Prophète ce qu'ils avaient à craindre des soldats de Jésus-Christ. Elles accrurent la puissance spirituelle et temporelle des Papes, en faisant rentrer sous leur suprématie les patriarchats de Jérusalem et d'Antioche , et en resserrant les liens de la hiérarchie presque détruits par le- ichisme d'Orient. Ces expéditions lointaines firent diversion aux entreprises des empereurs et des princes chrétiens contre le pouvoir temporel du Saint-Siège. Directeurs suprêmes des guerres d'outre-mer, les souverains Pontifes se trouvèrent placés à la tête de la confédération chrétienne; les croisades donnèrent de plus naissance à des principautés nouvelles dont les Papes devinrent les suzerains. L'influence politique des croisades s'exerça : 1° Sur les princes, qui y trouvèrent le moyen d'agrandir leurs domaines et de fortifier leur autorité ; 2° Sur la noblesse. Les ordres de chevalerie , établis en Orient , réfléchirent leur éclat sur l'Europe et furent imités dans tous les Etats chrétiens. Les tournois charmèrent l'Occident par la représentation des exploits de la guerre sainte; et les chevaliers d'outre-mer vinrent étaler dans les cours plénièresles magnificences de l'Orient; les armoiries devinrent nécessaires v et les noms de famille prirent naissance. 3° Sur "Je peuple. Les croisades favorisèrent, plus que tout autre cause, les affranchissements, l'établissement des communes, et, pal suite, la formation d'un tiers-état. 4° Sur le commerce et l'industrie. L'art nautique fit des progrès importants, dus à la fréquence des voyages , aux profits qu'on en retirait et aux pratiques empruntées des pilotes levantins. En ouvrant une carrière plus vaste aux spéculations et en facilitant les échanges, la navigation fit participer, le commerce aux avantages qu'elle retirait elle-même des expéditions d'outre-mer. Des produits de l'art et de la nature ,- jusque-là inconnus, y apportèrent de nouvelles jouissances et quelquefois de nouvelles industries. Les villes maritimes, qui s'emparèrent du commerce de l'Orient, attirèrent a elles la plus grande partie du numéraire de l'Europe, et quel-

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