CHAPITRE PREMIER
dangers, quitta Rome malgré l'opposition des cardinaux, rt vint ae **x.er à Pérouse; une multitude considérable raccompagna jusqu'aux portes de la Ville éternelle. On aurait dit que les Romains, en le voyant s'éloigner de leurs murs, prévoyaient une longue absence. C'est, en effet, de ce départ de Renoît Xî qu'on doit dater la translation du Saint-Siège.
13. Tranquille au sein de sa retraite de Pérouse, Renoît XI put accomplir les mesures de justice qu'il méditait. Pour leur donner un caractère plus solennel, il voulut les faire précéder d'un acte d'indulgence et de miséricorde. Il commença donc par accorder, à la prière de Philippe-le-Rel , la révocation des censures encourues personnellement par ce prince et par les évoques français, qui ne s'étaient pas rendus au concile de Rome , convoqué par Roniface VIII. Il rétablit les privilèges précédemment donnés aux rois de France, pour îa nomination aux cathédrales vacantes. Mais ces mesures n'étaient <jue comme l'adoucissement préliminaire du grand coup qu'il allait frapper. Le 7 juin, la bulle : Flagitiosum sceàis , allait apprendre au monde qu'on ne porte pas impunément la main sur l'oint du Seigneur. « Si pour de justes causes, disait le Pape, nous avons différé jus- » qu'à ce jour de punir l'exécrable forfait commis à Anagni, sur » la personne sacrée de notre prédécesseur, il est temps, enfin, que » Dieu lui-même se lève pour dissiper ses ennemis et les anéan- » tir. » Après ce début, le Pape racontait ^ avec le style de l'indignation la plus vive , les principaux détails de l'attentat , les outrages exercée sur le Pontife , le pillage du trésor de l'église et les horreurs commises dans l'enceinte du palais, lamentable spectacle qu'il avait vu de ses propres yeux. Puis il s'écriait : « Où est le cruel qui ne verserait des larmes? Où est l'ennemi » qui n'éprouverait pas un sentiment de compassion? 0 crime » inexpiable! 0 attentat inouï! 0 malheureuse ville d' Anagni, » qui l'as souffert sans l'empêcher, que la rosée du ciel ne tombe » plus sur toi ! » Renoît XI déclarait ensuite tous les auteurs et complices de ce crime, tous ceux qui y avaient concouru, par leur approbation ou leur conseil, retranchés de la cour'nunion catholique. Si le nom de Philippe-le-Rel ne paraissait pas dans cette bulle, ce n'était que par ménagement; mais le silence du souve-