‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 227 sur 332 · BENOIT XI · texte numérisé non relu

BENOIT XI

rain Pontife à cet égard ne faisait illusion à personne.; fcmtta monde savait que l'instigateur de l'attentat d'Anagni était te roi de France. La lutte allait recommencer avec une vigueur nouvelle, lorsque le digne vengeur de Boniface VIII vint à manquer, tout à coup, aux espérances de l'Eglise et à ses grands projets. Benoît XI succomba à une maladie soudaine qui offrait tous les symptômes de l'empoisonnement, un mois après la publication de la bulle Flagitiosum scelus. Quelques historiens ont chargé la mémoire de Philippe-le-Bel de ce nouveau crime; mais le fait ne fut jamais prouvé. La sainteté de Benoît XI éclata après sa mort, par de nombreux miracles, et l'Eglise l'a canonisé.

14. Son pontificat fut l'époque où les luttes des Guelfes et des Gibelins, à Florence, éclatèrent avec le plus de fureur. Benoît XI chercha vainement à interposer sa médiation ; sa voix fut étouffée au milieu des tempêtes populaires. C'est dans ce temps que le Dante, poète aussi illustre que gibelin fougueux, vit tous ses biens confisqués et sa tête mise à prix à Florence. Forcé de quitter sa patrie, il emporta dans l'exil toute l'ardeur de sa haine qu'il a immortalisée dans la Divina comedia. Cette magnifique épopée est le chef-d'œuvre du moyen âge. Comme l'Iliade d'Homère, le poème du Dante est tout à la fois une œuvre poétique , théologique et philosophique. Les dogmes du Christianisme et les découvertes de la science sur le système du monde, y paraissent revêtus des magnificences d'une poésie égale à celle du chantre de Smyrne. A l'époque où elle parut, la Divina comedia provoqua un concert universel d'enthousiasme. Florence, qui avait proscrit son auteur, fonda en 1373, une chaire spéciale pour commenter son poème. Toutefois, en dehors du mérite littéraire de cette œuvre immortelle , on ne saurait approuver les satires et les odieuses calomnies qu'elle renferme contre les Papes et les princes de l'Eglise. Ce n'est pas, d'après les fictions capricieuses et malignes du chantre gibelin, qu'on doit former son jugement sur les personnages célèbres de cette époqae. A coté du talent déployé par le poète , les injustices que se permet trop souvent l'homme de parti doivent exciter l'indignation de toutes les âmes honnêtes.

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