CHAPITRE PREMIER
constances difficiles et au milieu des orages qui agitèrent son poutificat.
27 Si Ton ne considérait, dans l'histoire de l'Eglise , que k suite des guerres, des divisions, des hérésies ou des schismes, sans tenir compte de la vie intérieure et des merveilles de la grâce qui se renouvellent perpétuellement dans son sein, on s* pourrait asseoir qu'un jugement superficiel, on n'aurait aperça qu'un côté du tableau. Les saints sont en quelque sorte rame et le cœur de l'Eglise. Ils perpétuent la vie chrétienne dans ce qu'elle a de grand et de vraiment élevé. Souvent le bruit extérieur, l'éclat du monde manquent à leurs noms ; ils n'en sont pas moins le sel de la terre , la lumière cachée un instant sous le boisseau, qui se révélera un jour par un merveilleux rayonnement. Au désert, à l'ombre des cloîtres, dans l'obscurité d'une condition privée, aussi bien que dans les splendeurs du trône, Jes saints sont la gloire de la terre, le miracle du monde, l'espoir de l'avenir et le modèle de la postérité. Le règne de Clément V compta en grand nombre ces exemples illustres de piété et de vertu. Ici encore nous regrettons de ne pouvoir citer que des noms, sans les accompagner des édifiants détails qui nourrissent la foi , enflamment le zèle , échauffent le cœur et agrandissent l'âme. En Italie, les bienheureux Joachim Pelacani, Antoine Patrizzi, André Dotti, Bonaventure Bonacorsi, faisaient la gloire de Tordre des Servites de Marie. Sainte Agnès de Monte-Pulciano, les bienheureuses Benvenuta Bojano, Emilie Bicchieri et Marguerite de Météla , illustraient par leurs vertus le tiers ordre de saint Dominique , pendant que sainte Claire de Monte-Falco pratiquait les plus hautes vertus de la perfection chrétienne dans Vordre de saint Augustin. Les Franciscaine avaient alors les bienheureux Conrad d'Offida, François Venimbeni , Oderic de Frioul, Henri de Trévise et les bienheureuses A^ngèle de Foligno et Clara de Rimini. La France admirait une îuer veille de virginité dans le mariage, en la personne de saint ^Széar, comte de Sabran, et de sa jeune épouse, sainte Delphine. Sainte Rosalinde de Villeneuve, leur parente, se livrait à toutes les rigueurs de la pénitence dans l'ordre des Chartreux ; et saint Roch , la gloire de Montpellier, se dévouait au service des pestiférés et allait en-
suite cacher sa vie dans une forêt solitaire, heureux de souffrir, loin de toute consolation humaine, les cruelles infirmités qu^ son dévouement lui avait fait contracter en soignant les maladies contagieuses. Enfin il revenait mourir, sous les habits d'un mendiant étranger, à Montpellier, sa patrie, au fond d'un cachot où l'avait fait jeter comme espion , le gouverneur de la ville , son oncle , qui ne l'avait pas reconnu. L'Espagne voyait saint Pierre Pascal et saint Armengol, de l'ordre de la Merci, verser leur sang pour la foi, sous le fer des Mahométans. L'Allemagne écoutait , avec une respectueuse admiration , les révélations de sainte Gertrude , abbesse du monastère de Heldelfs , en Saxe ; •ainte Mectilde, sa sœur , marchait comme elle dans les voies de la perfection. Aux deux extrémités de l'Europe, sainte Cuné-« gonde , princesse de Pologne , et sainte Elisabeth , reine de Por* tngal , faisaient briller sur le trône toutes les vertus du cloître L'Egli&e de Dieu ressemble à l'Océan, dont les tempêtes puniient ht vagues.