I* BENOÎT IX
l'institution elle-même. Sans doute qu'il entre dans le plan pro» videntH, qui préside aux destinées du monde, que "Eglise, pour mieux prouver la divinité de sa fondation et de sa conservation dans le temps, subisse quelquefois la plus rude de# épreuves , celle de résister même à l'indignité de ses chefs.
17. Albéric, comte de Tusculum, avait un fils âgé de dix ou douze ans, qui se trouvait neveu de Jean XX. La fatale idée lui vint de faire monter cet enfant sur le siège de saint Pierre. Malgré les canons, qui étaient formels à cet égard, malgré le sacrilège que constituait une pareille tentative, il réussit, à prix d'argent, dans ce criminel dessein; et le jeune Théophylacte fut élu Pape sous le nom de Benoît IX (9 décembre 1033). L'empereur Conrad aurait dû, en vertu du droit de confirmation sur les élections pontificales tant de fois stipulé en faveur de l'empire d'Allemagne, s'opposer à cette promotion anticanonique. Il ne le fit pas. Depuis quelque temps, il s'était relâché des vertus dont il avait donné des marques à son avènement, et ne se faisait aucun scrupule de vendre lui-même les charges ecclésiastiques. A certaines époques, il se fait dans le monde comme un grand oubli des lois morales; c'est l'heure où l'iniquité triomphante ne rencontre ni opposant, ni contradicteurs. La simonie , dont un Pape et un empereur donnaient de si tristes exemples, se propagea dans toute la chrétienté comme une contagion funeste. On put voir, plus que jamais, combien il importe que l'élection ae& Pontifes romains soit indépendante deo ambitions de famille. Il } eut plus d'une province, où non-seulement des prêtres, mais des évêques même se mariaient, et laissaient leurs bénéfices à leurs enfants comme un héritage.
18. Benoît IX se livrait, dans sa conduite personnelle, à tous les emportements de la jeunesse. Dans un p~jnce séculier, de son âge et de son rap*» les défauts auraient trop facilement été couv ts *r "'~*d~ agence d'un monde flatteur et corrompu. Dans un râpe, la jeunesse même, au lieu d'être une excuse, devenait un scandale de plus. Son pouvoir suprême n'était qu'm» moyen de satisfaire toutes ses passions. Malgré la perversité de ses instincts dépravés, l'histoire n'a rien à reprocher à Benoît IX, quant à la doctrine et au gouvernement spirituel de l'Eglise. Son autorité