CHAPITRE n
fcii donnait alor< le baiser de paix ; puis, avec Pépée nue à la main droite, il frappait trois fois le chevalier doucement sur le» épaules, en disant : « Sois un guerrier pacifique, vaillant, fidèle » et dévoué à Dieu. » La chevalerie n'était accordée qu'aux kommes de race noble, et aguerris dans le service militaire. On i fy préparait par un noviciat; le jeune homme se mettait quelque temps sous les ordres d'un cnevalier, avant de prétendre à l'honneur de le devenir lui-même. Les châten'Tx des seigneurs furent ainsi comme autant de séminaires de chevalerie. La cour du roi de France fut regardée comme l'école suprême de courtoisie pour tout le royaume. Cette hiérarchie d'éducation chevaleresque , en adoucissant les mœurs, rappelait encore la hiérarchie de la subordination politique et montrait la royauté comme le taîte de l'édifice social.
15. L'empereur Conrad fit acte de chevalier défenseur des droits du Saint-Siège, en venant protéger le Pape Jean XX contre une conspiration qui s'était formée au sein de Rome. Le souverain Pontife échappa avec peine à la mort dont les rebelles le menaçaient. Il fut obligé de fuir (1033), pour laisser à la fureur des partis le temps de se dissiper. La haine du joug allemand se trouvait au fond de cette explosion d'une faction de mécontents. Conrad accourut à Rome. Sa présence arrêta tous les troubles; et le Pape put reprendre possession de la Ville éternelle. Mais ce ne fut pas pour longtemps, car il mourut le 6 novembre de la même année , après un pontificat qui n'avait pas été sans gloire, et dont le cours prospère fit oublier ce que le début avait pu présenter de suspecte
| 2. Pontificat de Benoit IX (Première période) (9 déc. 1033-mai 1044).
16. La Papauté entre ici dans une de ces époques d'abaissement sur lesquelles l'historien voudrait jeter un voile. La plus haute dignité spirituelle qu'il soit donné à un homme d'exercei ici-bas devrait peut-être, au point de vue des jugements humains, revêtir ceux qui en sont titulaires d'une force morale supérieure, et les mettre à l'abri de certains reproches dont la malignité hostile s'est trop souvent emparée comme d'une arme contre