CHAPITRE rv
secours du Pape contre les attaques formidables du sulta^ Amurat Ier. Il devait , en retour , promettre , ce qui l'avait dé}v été tant de fois, l'union des deux Eglises. Martin V accueillit favorablement cet hôte illustre. Il fit partir des légats pour Constantinople , avec ordre de régler enfin cette difficile affaire, De son côté , Ladislas Ier , roi de Hongrie , qui entretenait des relations habituelles avec la cour de Byzance , fut chargé de seconder les légats dans leur mission. Manuel p reposa. , comme la voie la plus sûre pour arriver à la réunion, àv tenir un concile œcuménique à Constantinople. Les légats revinrent à Rome pour prendre, à ce sujet, les instructions du Pape; mais, durant ces négociations, Manuel succomba à une attaque d'apoplexie. Les dernières instructions qu'il adressa, sur son lit de mort, à Jean Paléologue II , peuvent donner une mesure de sa bonne foi ; « Mon fils, lui dit-il, notre misérable siècle n'offre aucun » champ à l'héroïsme ni à la grandeur. Notre situation exige » moins un empereur belliqueux au'un économe circonspect des » débris de notre fortune. Il ne nous reste, pour toute ressource » contre les Turcs, que leur crainte de notre réunion avec les » Latins , et la terreur que leur inspirent les intrépides nations » de l'Occident. Dès que vous serez pressé par les infidèles, faites- » leur entrevoir ce danger. Proposez un concile, entamez des » négociations avec Rome; mais prolongez-les toujours, éludez *> la convocation de cette assemblée , et faites en sorte de ne sa- » tisfaire les Latins qu'avec des paroles. » Toute la poli tique grecque, par rapport à l'Occident, est révélée dans ces tortueuses jmstractions d'un père à son fils. La prise de Constantinople par les Turcs fut le résultat de ces indignes manœuvres.
6 , Au moment où Manuel Paléologue désespérait de la vertu et de l'honneur, le monde entier retentissait du nom d'une héroïne chrétienne, la gloire de la France et l'admiration de tous les siècles. Les désastres du règne de Charles VI , sa démence, les fureurs d'Isabeau de Bavière, l'assassinat de Jean Sans-Peur, duc de Bourgogne, les excès des Armagnacs et des Bourguignons avaient abouti à l'infâme traité de Troyes (1420 j.>ar lequel une mère détrônait son fils , une reine de France livreic 1* royaume aux Anglaise L'infortuné Charles vî , triste jouet de*