‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 297 sur 332 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

souvent dispute „ Otait encore partagé entre la faction de René d'Anjou et celk 'je Ferdinand Ier d'Aragon (1)» O dernier nvait été adopté Dar Jeanne II , qui l'avait choisi pom «son héritier. La suceeasion lui était contestée par le duc d'Anjou , qui préteudait faire revivre les droits de sa famille à ce trône, toujours convoite et jamais définitivement conquis.

27. Au milieu de ces complications qui épuisaient les forces du monde chrétien , Pie II comprit que son devoir était de travailler d'abord à la pacification générale. Il commença par l'Italie , et , en qualité de suzerain du royaume de Naples , il se prononça entre les deux prétendants. Ferdinand réunissait les sympathies de la population sur laquelle il régnait depuis un an (1458). Le caractère fourbe et cruel de ce prince n'avait pas encore eu le temps de se révéler, et l'opinion publique lui était favorable. Pie II n'hésita donc point à lui accorder l'investiture des états napolitains. Cette résolution était d'autant plus magnanime que, jusque-là, les Papes avaient montré plus d'inclination pour la maison d'Anjou. Cependant Charles VII n'entra point dans cette généreuse politique qui s'inspirait des motifs élevés du bien général et de la paix publique. Il envoya des ambassadeurs à Mantoue pour se plaindre de la détermination du Pape et réclamer en faveur du prince français. Dans une longue et énergique réponse, Pie II justifia sa conduite. « Nous sommes sur- » pris, dit-il à la fin de son discours qui ne dura pas moins de » trois heures, que la France ait pu attendre l'investiture du » royaume de Naples, en faveur d'un de ses fils, tandis qu'on » prétend y maintenir l'exécution d'un contrat subreptice , ou- » vertement hostile au Saint-Siège, la Pragmatique sanction. » On en fait une loi fondamentale de l'Etat, et l'on veut faire » passer pour une ordonnance de l'Eglise, l'acte le plus injurieux » à l'autorité pontificale, qui se soit produit jamais. »*On se souvient que H Pragmatique sanction de Charles VII avait été rédigée dans tes états généraux de Bourges, pendant îa tenue du concile de Râle et en conformité parfaite av^c les vue$ qui dirigeaient cetto assemblée.

\\\ Fils naturel J'Alphoose-le-MagnaiHîNfi».

5S0 me ii (1158-1464).

28. Les dernières paroles du Pape contre cet acte, étaient donc un désaveu formel du concile de Bâle,dontJ£ïïC*s Sylvius avait été secrétaire. Pour trancher plus nettement encore la différence entre le chancelier de Baie et le souverain Pontife, Pie II voulut, par une bulle solennelle, condamner, à la face de l'univers, tout ce qui s'était fait à Bâle contre l'autorité légitime d'Eugène IV. Il accomplit ce devoir, avec une abnégation personnelle et une franchise de paroles, qui lui conquirent l'admiration universelle. «Nous sommes homme, dit-il, et comme tel, sujet aux fai- » blesses et aux ignorances de l'humanité. Parmi les choses que » nous avons dites ou écrites avant notre exaltation, il en est » beaucoup qui sont condamnables ; nous avons péché par sé- » duction ; nous avons persécuté l'Eglise de Dieu par ignorance. » Comme Augustin , nous n'hésitons pas à rétracter les erreurs » qui peuvent se trouver dans nos discours ou dans nos écrits. » Autrefois j'ai parlé et agi en jeune homme; croyez-en mainte- » nant un vieillard : faites plus de cas d'un souverain Pontife » que d'un particulier; récusez JEnéas Sylvius et écoulez Pie II. » Après une déclaration si explicite, le Pape était libre de suivre ïa voie dans laquelle il s'était engagé. Le 18 janvier 1459, il publiait la fameuse bulle Execrabilis , dans laquelle il condamne absolument les appels interjetés du jugement pontifical , à celui d'un futur concile. « Notre siècle, dit-il, a vu se produire un » abus exécrable et inconnu de toute l'antiquité. Poussés par un » esprit d'insubordination, des esprits rebelles se croient en droit » d'infirmer les sentences du Pontife de Rome, du vicaire dt » Jésus-Christ , pour en appeler au jugement du futur concile . » Qui ne voit ce qu'il y a d'illusoire dans cet acte qui récuse utj » tribunal certain pour en référer à un tribunal qui n'existe pas » encore, et dont la réunion n'est pas même déterminée? Les » plus légères notions du droit canonique suffisent pour faire

* apprécier ce qu'un pareil système aurait de préjudiciable à » l'Eglise de Dieu. Voulant donc éloigner du troupeau de Jésus- » Christ un poison si dangereux, de l'avis de nos vénérables

• frères , les cardinaux de la sainte Eglise romaine , de tous les » prélats et jurisconsultes de notre cour, nous condamnons ces » appels, nous les réprouvons comme erronés, et faisons défense,

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