‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 302 sur 332 · Les cardinaux se trouvaient réunis à Ancône; mais Pie O · texte numérisé non relu

Les cardinaux se trouvaient réunis à Ancône; mais Pie O

tU paul il (1464-1471).

leur avait fait promettre de ne procéder à l'élection de son successeur qu'après leur retour à Rome. Us respectèrent la volonté du Poniiffc mourant, se rendirent dans la Ville éternelle et réunirent leurs suffrages sur le Vénitien Nicolas Barbo, cardinal de Saint-^Marc, qui prit le nom de Paul IL Dans le conclave, les cardinaux avaient renouvelé une tentative qui leur avait jusque-là fort peu réussi. Malgré l'axiome canonique : Papa electus ligari non potest , ils avaient rédigé une formule de serment , par laquelle le futur Pape devait s'engager : 1° à ne faire de promotions au cardinalat iju avec le consentement du sacré collège ; 2* à rétablir Pancienne discipline de la cour romaine; 3° à convoquer un concile général dans le délai de trois ans ; 4° à continuer la guerre contre les Turcs. Le premier acte d'administration du nouveau Pontife fut d'annuler cet engagement , et de déclarer que, de ces quatre articles, il ne se croyait astreint qu'au dernier. Cependant, pour consoler les cardinaux de cet échec, il leur accorda le privilège de porter l'habit de pourpre et \e chapeau de couleur rouge , dont, jusque-là, les Papes avaient seuls fait usage.

L'expédition d'Orient fut ensuite la première préoccupation de Paul IL Pour donner lui-même l'exemple , il s'obligea à fournir, tous les ans, cent mille écus d'or aux Hongrois et autant à Scanderberg, pour subvenir aux frais de la guerre contre les Turcs. Vingt galères, armées par le trésor pontifical, allèrent se joindre à la flotte des Vénitiens. Le cardinal François Piccolomini fut chargé d'assister, en qualité de légat apostolique, à une diète de l'empire, et de prêcher la croisade aux princes assemblés. On fit au nonce les plus belles promesses. 100,000 Allemands devaient 6e trouver l'année suivante sous les armes pour voler au secours de la Hongrie. « Mais, disent les historiens de cette époque, ce » n'étaient là que des paroles. Ni les victoires drs Turcs, ni le è triste état de la chrétienté , ni les mouvements que Paul II se » donna pendant tout le cours de son pontificat, pour un objet » si glorieux et une cause si juste, ne furent capables de surmon* v ter l'indifférence du chef et des membres de l'empire » Il leur eût fallu quelque chose de l'âme de Scanderberç , qu'on avait surnommé le nouvel Alexandre et le Gédéon chrétien. Ce grand

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