‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 303 sur 332 · chapitre y · texte numérisé non relu

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homme venait Rapprendre que Mahomet II faisait des levées considérables. 50,000 hommes s'avançaient peur fermer te *iége de Croïa, capitale de l'Albanie. Scanderberg accourut à la défense de la ville, et après une résistance de deux mois , força les Turcs à se retirer. Une nouvelle armée, envoyée par le sultan, ne fut pas plus heureuse. L'Albanie, province pauvre, dévastée, impraticable par ses défilés, défendue par un héros et des soldats qu'on croyait invincibles, humiliait chaque jour l'orgueil de Mahomet. Le sultan voulut enfin se débarrasser de Scanderberg convaincu qu'il ne pouvait le vaincre , il tenta de le faire assassiner. Cette perfidie fut reconnue et les émissaires périrent du dernier supplice. Le héros survécut peu à cette tentative. Il mourut à Lissa , le 17 janvier 1467, après avoir été , pendant vingttrois ans, la terreur des Turcs , qu'il avait vaincus dans vingtdeux batailles rangées, à une époque où l'Europe tout entière tremblait devant eux, et où leur puissance était à son apogée.

2, Cependant Paul II veillait avec le plus grand soin au maintien de la foi et de la discipline ecclésiastique. Georges Podiébrad, roi de Bohême, s'était ouvertement déclaré comme le protecteur des Hussites. Il déclamait , à leur exemple , contre l'autorité du souverain Pontife, contre les propriétés temporelles de l'Eglise, et contre le gouvernement des évêques. Les catholiques de la Bohême l'accusèrent juridiquement devant le Saint- Siège, et demandèrent qu'on instruisît son procès. L'empereur d'Allemagne, Frédéric III , voulut en vain intervenir en sa faveur. Les informations, commencées contre Podiébrad, furent poursuivies avec activité, et le roi de Bohême demeura convaincu de parjure, de sacrilège et d'hérésie. Restait à fulminer la sentence. Paul II hésitait, dans la crainte de ne pas rencontrer en Allemagne des dispositions satisfaisantes. Mais le cardinal de Porto, Jean Carvajal, dont la parole exerçait un grani empire dans toutes les délibérations , lit cesser les scrupules du Pape. a Si les secours humains nous manquent, s'écria-t-il , Dieu lui- * même s'armera pour renverser les desseins des impies. Rem- » plissons d'abord notre devoir, la Providence fera le reste. » En conséquence, Paul II prononça son jugemem définitif, le jour de Noël 1466, dans l'église de Saint-Pierr*. Podiébrad fut

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condamné comme hérétique , et la sentence le déclarait a déchu » du royaume de Bohême , qu'il avait mal aconis et plus mai » administré. a I*a confiance de Carvajal ne fut point trompée. Aussitôt que le jugement du Saint-Siège fut connu en Bohême , tes grands du royaume s'assemblèrent et offrirent la^ouronjae à Mathias Corvin, digne fils du grand Hunyade. Le nouveau roi hit couronné à Olmutz. Cependant une fraction des électeurs avait réuni ses suffrages sur Uladislas , fils aîné de Casimir IV, roi de Pologne. De son côté , Podiébrad conservait des partisans nombreux La guerre entre les trois prétendants se prolongea jusqu'à la mort de ce dernier (1470), après laquelle Uladislas fut nnanimement reconnu par tous les Etats du royaume. Ainsi , malgré l'affaiblissement de l'autorité pontificale en Europe, suite du grand schisme d'Occident, la Papauté exerçait encore un pouvoir souverain.

3. Le Pape songeait alors à reprendre avec la France, l'affaire de la Pragmatique sanction, entamée sous le pontificat précédent. Geoffroy , cardinal d'Arras , et Jean de la Balu»- , alors évêque d'Evreux et confident de Louis XI, furent cha^ê* de cette négociation. La résistance du parlement fut plus vive que jamais. Le procureur général Jean de Saint-Romain , refusa obstinément d'entériner les lettres-patentes, par lesquelles Je roi avait prononcé l'abrogation. Jean de la Balue fit inutilement les plus vives instances. Le zèle qu'il déploya dans cette affaire lui valut le cardinalat. Mais ce fut tout le fruit qu'il en obtint. Le procureur-général lui déclara positivement qu'il ne consentirait jamais à l'abolition d'une loi, qu'il regardait comme la sauvegarde du royaume. « Abolir la Pragmatique, disait-il, s^ait renverser » l'ordre ancien des élections et jeter l'Eglise dans ure confusion * effroyable. Les sujets les plus distingués se rendraient à Rome » pour y solliciter des /aveurs et de* grâces ; les Universités se » trouveraient ainsi dépourvues d'hommes de mérite et de pro- » fesseurs capables. Enfin , si l'abrogation était prononcée , tout » l'argent du royaume serait porté à Rome. « De telles exagéra* tioRs ne supportent pas un examen sérieux. L'ordre incitsix des élections était précisément celui que voulait rétablir Paul II. Si. les sujets distingués se fussent rendus à Rome , le seul inconvé-

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