Dès le lendemain de son exaltation, le saint et laborieux
64 S. léon ix (1049-1054).
Pontife s'occupa de travailler à la réforme des nombreux abu? qui faisaient gémir l'Eglise. Il annonça son intention formelle ai sévir contre les simoniaques et de leur interdire les fonctions ecclésiastiques. Le mal était si profond, qu'à cette nouvelle les évêques d'Italie firent immédiatement parvenir leurs réclamations au souverain Pontife, en l'avertissant que, ?Kl insistait sur l'exécution de la mesure projetée, le ministère pas»oral cesserait, par le fait, dans la plupart des églises. Ce ne fut pour le Pape qu'un nouveau motif d^ redoubler de zèle. Il ne prit que le temps nécessaire pour rassembler à Rome les évêques d'Italie, et ouvri un concile vingt-six jours après son intronisation. La simonie, qu'il s'était imposé le but de poursuivre sous toutes ses formes el par toutes les ressources de son autorité, fut anathématisée dans une suite de canons disciplinaires. Léon ÏX avait d'abord manifesté la résolution, pour couper le mal à sa racine , de priver des fonctions ecclésiastiques tous ceux qui auraient été sciemment ordonnés par un évêque simoniaque. Cependant il se laissa fléchir aux supplications des évêques, -it se contenta de renouveler la sentence portée par Clément II 7 son prédécesseur, qui les admettait aux ^onctions du saint ministère, après une pénitence publique.
3. Comme autrefois saint Pierre visitait les églises delà Judée, pour y affermir la foi et la piété, de même saint Léon IX voulut visiter les principales églises de l'Occident , pour y reconstituer la discipline tombée en désuétude et combattre l'esprit de désordres et de ténèbres qui s'y était introduit. Son pontificat fut un voyage continuel entrepris pour le bien et l'édification de l'Eglise. Nous le trouvon? d'abord à Pavie, où il préside un concile , et fait adopter pour la haute Italie les lois contrôla simonie et l'incontinence des clercs, qu'il venait de décréter. Chemin faisant, il visite le monastère déjà célèbre de Vallombreuse , qu'un noble Florentin, saint Jean Gualbert, venait de fonder ré-^ cemment (1039), dans des circonstances extraordinaires. Le» frère d^ Jean Gualbert avait été assassiné par un gentilhomme de ses ennemis. Un jour de vendredi saint, Jean Gualbert, accompagné d'hommes d'armes, rencontre le meurtrier. Cette vue rallume ians son cœur le désir de lavengeance.il met l'épée