‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 92 sur 332 · CHAPITRE V. lgf · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. lgf

les rapprochant des violences que Henri V, affermi sur le trône, ne craignit pas d'exercer sur la personne sacrée du souverain Pontife, il est permis de douter de leur sincérité. Mais peut-être la jeunes a-t-elle des élans de générosité, de noblesse et de grandeur qui se pervertissent sous le souffle de la flatterie et aux conseils de l'ambition et de l'intérêt. Quoi qu'il en soit, le con~ cile de Northus valut à Henri V des partisans dévoués. Les deux armées, du père et du fils, se rencontrèrent bientôt sur les bords du Danube, non loin de Ratisbonne. La. désertion se mit dans les rangs de Henri IV, qui s'échappa avec peine, escorté d'un petit nombre de serviteurs fidèles. Une diète générale de toute l'Allemagne fut indiquée à Mayence pour terminer Je débat par une sentence définitive.

18. Henri IY n'épargna rien pour rallier le monde catholique à sa cause. Malgré l'excommunication dont il était frappé, malgré ses liaisons notoires avec les antipapes, successeurs de Guibert, il écrivit au pape Pascal II pour essayer avec lui une réconciliation. « Notre propre fils, lui dit-il, l'enfant de notre » tendresse, que nous avions aimé jusqu'à l'élever sur le trône » n'a pas rougi de lever contre nous l'étendard de la révolte. On » nous conseillait de le poursuivre sans délai, les armes à la » main, mais nous avons mieux aimé différer encore la ven- » geance, afin que personne, en Italie et en Allemagne, ne

* puisse nous imputer le sang qui va couler. Vous êtes un homme » prudent et sage ; la charité inspire toutes vos démarches, et » vous désirez l'unité de l'Eglise et la paix de l'Europe. Nous » vous envoyons donc ce député pour savoir si vous voulez

* sceller avec nous une alliance, sans préjudice de ma dignité et » de mes droits souverains, tels que les ont exercés mon père, » mon aïeul et mes autres prédécesseurs ; à la charge, de mon » côté, de vous conserver la dignité apostolique comme mes » prédécesseurs ont fait pour les vôtres. » Ces protestations d'un roi tant de fois parjure, ne changèrent rien à la marche des événements. La diète générale du royaume tectonique s'ouvrit au pwhx* (Noël 1105). Elle fut la plus noir^reuse qu'on eût vue uepuis un siècle. Richard, évêque d'Albane, et Guebhard, évêque de Constance, légats du Pape, lurent aux seigneur*

17C pascal h (1099-11181

assemblés la sentence d'excommunication « contre Benri-le- » Vieux, se disant empereur, » et le déclarèrent « retranché du » sein de l'Eglise catholique. » Ce prince avait été arrêté à Bingen, où i] était gardé à vue dans la forteresse. Les seigneurs les plus influents de la diète ouvrirent avec lui des conférences à Iiîgelheim où on Famena. Ils lui persuadèrent, pour mettre fin aux maux de F Allemagne, de renoncer en faveur de son fils à la couronne et à Fempire. Henri ïV, qui ne \ jyait plus d'autre espoir de recouvrer sa liberté , se prêta à tout ce qu'on voulut. Introduit à la diète : « Je jure, dit-il, que je renonce volontaire- » ment et de moii plein gré au pouvoir royal. Je veux désormais » vivre dans la retraite pour ne songer plus qu'au salut de mon » âme. » Se jetant alors aux pieds du légat Richard, il lui demanda l'absolution des censures ecclésiastiques qu'il avait encourues. Il remit ensuite entre les mains de son fils les insignes de la royauté et de Fempire, la croix, la lance, le sceptre, le globe et la couronne. « Je vous souhaite, lui dit-il, longue vie et » prospérité. Evêques et seigneurs, qui m'écoutez pour la der- » nière fois, ajouta- t-il en pleurant, je vous recommande mon » fils. Le vieux roi Henri IV ne veut plus désormais que tra- » vailler dans la solitude à son salut éternel , suivant les décrets » du Pape et l'intention de la sainte Eglise. » Après ces paroles solennelles, les légats, les seigneurs et les évêques confirmèrent l'élection de Henri V et le proclamèrent seul et unique roi de Germanie. On jura Fabolition des investitures. Les évêques simoniaques ou schismatiques furent déposés de leurs sièges et remplacés par des prélats catholiques. La paix semblait définitivement rendue à l'Eglise. L'œuvre de saint Grégoire VII paraissait enfin accomplie.

19. Cependant Henri IV revint bientôt sur son abdication forcée. A peine rendu à la liberté, il se retira à Liège où le peuple lui était dévoué; de là, il écrivit au roi de France, Louisie-Gros, pour protester contre tout ce qui s'était fait à la diète de Mayence. Il se plaignait amèrement de son fils, et du Pape. « Par » les liens de la parenté et de l'amitié qui nous unissent, disait-il » en terminant, par l'intérêt commun de toutes les couronnes, * je vous conjure de venger l'injure que j'ai soufferte, et de ne

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