PASCAL TT
ï saint Paul du naufrage, pour qu'il daignât calmer la tempête » élevée contre le vaisseau de l'Eglise. » I/empereur Alexis Gomnène lui-même envoya une députation à Pascal II, pour protester de son attachement au Siège apostolique, et cféplorer les outrages faits à la personne sacrée du Pontife par le roi de Germanie.
25. Henri V voyait avec peine ces témoignages de vénération et d'amour prodigués au père commun des fidèles. La rétractation de Pascal II Pavait profondément irrité. En 1117, à la tête d'une nombreuse armée, il se dirigea de nouveau vers l'Italie. Chemin faisant, il s'empara de la succession de la grande comtesse Mathilde, sans respect pour les intentions tant de fois exprimées de cette princesse, qui, de son vivant, avait fait donation au Saint- Siège de tous ses Etats. Pascal II n'attendit pas l'arrivée de l'empereur à Rome; il se retira à Bénévent. Henri fit son entrée triomphale dans la Ville éternelle, et jura aux habitants qu'il venait au milieu <4'eux avec les intentions les plus pacifiques. Le jour de Pâques, il voulut r^nou vêler, en quelque sorte, dans l'église de Saint-PierFe, la cérémonie de son couronnement. Mais aucun prélat ne consentit à prêter son ministère à un prince qui envahissait Rome avec une armée ennemie, et en chassait le Pontife légitime. Henri avait auprès de lui, en qualité de légat apostolique, Maurice Bourdin, archevêque de Braga. Nouveau Judas, ce ministre infidèle trahit son maître. Il déposa la cou- Tonne impériale sur la tête de Henri V, pendant que le clergé et le peuple romain gémissaient de son indigne lâcheté. Maurice Bourdin devait bientôt souiller son nom d'un autre sacrilège. A la nouvelle de ce scandale, le Pape assembla un concile à Bénévent et excoiOiunia l'archevêque apostat. Ce /ut le dernier acte du règne d^ Pascal. II , qui mourut, épuisé de fatigues et de travaux, le 1 b janvier 1118, laissant à l'histoire le souvenir d'un instant de faiblesse, expié par des années de luttes courageuse* et d'indomptable énergie.
26. Son pontificat, si fécond en orages, eut aussi ses ct™isolations. Le royaume latin de Jérusalem étendait sa domination dans les plaines de l'Asie. Les antiques cités, aux souvenirs bi-* Wiques, de Chaires en Mésopotamie, de Tyr, de Sidon, de Tibé-