‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 10 sur 336 · Hist. gén. de l'Eglise, t. III, p. 40i · texte numérisé non relu

Hist. gén. de l'Eglise, t. III, p. 40i

LE PBOTECTOHA.T IMPERIAL

plus réguliers il fui I instrument d'une renaissance religieuse Mais son altitude politique fut toujours, comme sa vie privée, d une inconsistance déplorable. Otton avait à peine regagné la Haute Italie après son sacre, que Jean XIÏ, au mépris de ses engagements les plus formels, se mettait en relations avec les ennemis les plus acharnés de l'empereur, en particulier avec Adelbert, fils de Bérenger II *. L'empereur assiégeait Bérenger dans le château de Montefeltre, près de Bimini, quand il apprit cette nouvelle. Sa colère fut extrême. Le pape lui envoya des ambassadeurs, parmi lesquels se trouvait le protoscriniaire Léon, le futur antipape Léon VIIl. Us déclarèrent à l'empereur : i" que Jean XII. entraîné par sa jeunesse, avait agi à la légère et qu'on ne reverrait rien de pareil à l'avenir; 2*" que, du reste, l'empereur, ayant à se reprocher des méfaits équivalents, tels que celui d'avoir traité comme ses biens propres les biens de l'Eglise romaine et d'avoir accueilli auprès de sa personne d'infidèles serviteurs du pape, ne pouvait légitimement faire un grief au pontife d'une attitude que celui-ci était prêt à désavouer. Mais Otton discuta ces arguments. Les pourparlers s'aigrirent Bref, le 2 novembre 963, l'empereur se trouva devant Borne à la tête d'une armée. Une partie de la ville se déclara pour lui, l'autre pour le pape. Jean XII revêtit le casque et la cuirasse, à côté d Adelbert ^ ; mais les troupes pontificales furent vaincues, et les Bomains durent promettre par serment « de ne jamais élire et consacrer aucun pape en dehors du consentement et du choix de l'empereur et de son fils le roi Otton ^ ». .

La première conséquence de cette capitulation des Bomains fut la réunion et la présidence par l'empereur Otton d'un prétendu concile qui s'ouvrit, le 6 novembre 968, sans l'assentiment du pape, dans la basilique de Saint-Pierre de Bome. L évêque de Crémone, Luitprand, qui y joua un rôle important, nous a laissé la relation des faits qui s'y accomplirent. On y comptait quarante évêques, des clercs de toute dignité, des employés d'église, des laïques de toute condition, la milice, et un soi-disant « député du peuple ». Le récit pittoresque et vivant de J'évêque de Crémone donne une idée

Siège et prise de Rome

par Otton I"

(novembre

Le

pseudo-concile

du

6 novembre

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