Jaffé, n
3. Baronil's, Annales, ad ann. 968, n. 1 1 ; Watterich, Ponlificum romanorum vitae, 1861, t. I, p 5a cl s. Sur l'insertion qui fut faite de cette formule dans le texte du Privilegium OUonis et sur les problèmes critiques quejcelte insertion soulève, voir DucHESNE, les Premiers Temps ûe CKtat pontifical^ a* édition, pp. 344-348.
Déposition de Jean XII
par l'assemblée.
L'antipape Léon VIII.
du tumulte d'uDe pareille assemblée ^ L empereur demanda qu'on spécifiât les accusations portées contre Jean XII. Aussitôt des clameurs s'élevèrent de toutes parts. L'un s'écria que le pape avait ordonné des prêtres à prix d'argent ; l'autre, qu'il allait publiquement à la chasse. Celui-ci affirma qu'il vivait dans la débauche ; celui-là qu'il avait bu à la santé du diable en jouant aux dés. L'empereur les fit adjurer, par l'évêque Luitprand, de n'apporter que des accusations reposant sur des témoignages sûrs. Le peuple et le clergé présent crièrent alors comme un seul homme : « Si le pape Jean n'a pas commis tous les crimes énoncés, s'il n'en a pas commis beaucoup d'autres plus honteux et plus exécrables, que Pierre, le prince des apôtres, nous ferme les portes du ciel ! » Jean XII était absent de Rome. On le somma de comparaître devant le pseudo-concile pour s'y défendre. Il se contenta de répondre : a Nous apprenons que vous voulez élire un autre pape. Si vous le faites, nous vous excommunions au nom du Tout-Puissant, en sorte que nul d'entre vous ne puisse désormais faire une ordination ou célébrer la messe. ^ » Cette réponse irrita l'assemblée, qui, le 4 décembre gôS, avec le consentement de l'empereur, prononça la déposition de Jean XIÏ, et élut pour pape le protoscriniaire Léon, simple laïque 3, qui, deux jours après, reçut les saints ordfes et prit le nom de Léon VIII. « Tout porte à croire, dit le savant historien Hefele, qu'Otlon^vait préparé cette élection *. » Par cet acte illégal, suggéré à une assemblée irrégulière, Otton inaugurait les pires agissements de l'Empire. Certes, une lourde responsabilité retombe sur l'indigne pontife, dont la vie avait rendu possibles les terribles accusations dont il fut l'objet; mais si coupable qu'il pût être, Jean XII était le pape légitime. En le déposant et en lui donnant un successeur de sa propre initiative, Otton créait un précédent qui devait devenir, pour ses successeurs, une tradition. Ceux-ci chercheront désormais à traiter le Saint-Siège comme un simple évêché de Germanie. Le Saint-Empire, dans sa grande conception chrétienne si justement admirée, ne date donc point de
I. Noël Alexadnre {Hîst. ecclés., in-f^., Venetiis. sect. X, dise. XVI, t. VI, p. ^Z^ et s.) et Floss (Die Papswahl unter den Oltonen, p. 7-9) n'ont pas eu de peine à prouver que cette assemblée ne fut pas un concile et ne put avoir aucune autorité canonique.
a. Jaffé, n. 3697.
3. Peut-être était il tonsuré, comme le conjecture Mgr Duchesne. A coup sûr», il n'était pas dans les ordres